Situation Economique et Financière en 2007 et perspectives en (...)

Télécharger

La situation économique et financière du Sénégal a été marquée en 2007 par la persistance de la hausse du prix du baril de pétrole, les contre-performances du sous secteur agricole pour la deuxième année consécutive, la reprise de l’activité des Industries Chimiques du Sénégal et le maintien du dynamisme du secteur tertiaire. Ainsi, la croissance réelle du PIB est estimée à 4,8% en 2007, du fait notamment du dynamisme du secteur tertiaire, contre 2,3% en 2006.

Le secteur primaire a enregistré une légère baisse de 0,3% en 2007 contre une baisse de 9,4% en 2006. Cette quasi stabilité du secteur est essentiellement imputable à la baisse de l’activité dans le sous secteur de l’agriculture compensée par la bonne tenue du sous secteur de l’élevage et de la pêche.

Le secteur secondaire s’est redressé à la faveur notamment de la reprise de l’activité de production des ICS et de la SAR, malgré la persistance de la flambée du prix du pétrole. Il a enregistré une hausse de 4,3% après une légère hausse de 0,6% en 2006.

Le secteur tertiaire, moins affecté par la hausse des prix des produits pétroliers, a progressé de 6,8% contre 5,5% en 2006. Cette croissance est le fait, en grande partie, du dynamisme du sous-secteur des télécommunications qui croîtrait de 14% mais également de la progression des autres services. En 2008, la croissance réelle du PIB est projetée à 5,3%, avec l’hypothèse d’un niveau relativement élevé du prix des produits pétroliers, d’une reprise du secteur primaire et d’un bon comportement des secteurs secondaire et tertiaire.

Le niveau général des prix en 2007, mesuré par l’Indice Harmonisé des prix à la Consommation, s’est s’établi à 5,9% en 2007. Cette hausse a été induite essentiellement par l’augmentation du prix des produits alimentaires et énergétiques qui ont crû respectivement de plus de 7%. En 2008, l’inflation devrait se situer autour de 5%. A fin mai 2008, elle se situe à 5,4%. Le déflateur du PIB est projeté en 2008 à 7,4% en raison non seulement de la persistance de la hausse des cours des produits alimentaires et énergétiques mais également de la fermété des cours des autres produits de base, notamment les produits chimiques.

Sur le plan budgétaire, l’assainissement des finances publiques s’est poursuivi en 2007 avec une progression des recettes fiscales plus importante (13%) que celle des dépenses budgétaires (7,9%). Au total, le déficit global (dons compris) s’est amélioré pour s’établir à 3,5% du PIB contre 5,8% en 2006. Ceci s’explique en partie par la maîtrise des dépenses courantes qui n’ont progressé que de 4,7% contre une hausse de 31% en 2006 liée essentiellemnt aux subventions au secteur énergétique (pour un montant de 152 milliards soit 3,1% du PIB), la sous exécution des dépenses PPTE et IADM (1,1 point de PIB) et un solde positif des entités publiques non financières (0,3 point de PIB). Par ailleurs, les ordonnancements de certaines dépenses engagées (2,8% du PIB) ont été ralentis au regard notamment des importantes subventions aux produits alimentaires et au secteur énergétique (77 milliards, soit 1,4% du PIB). En 2008, le déficit budgétaire global se situerait à 4,8% du PIB et le solde budgétaire de base (hors dépenses PPTE et IADM) serait excédentaire de 1,6% du PIB. Ce relèvement du déficit s’expliquerait essentiellement par les dépenses de soutien aux secteurs énergétique et alimentaire pour des montants respectifs de 95 milliards et 56 milliards, soit un total de 150,7 milliards équivalents à 2,5% du PIB.

Au plan extérieur, le déficit du compte courant (dons compris) est ressorti en 2007 à 9,9% du PIB contre 9,4% en 2006. La détérioration du déficit courant s’explique par celles de la balance commerciale et de la balance des services et revenus nets, atténuée par l’excédent des transferts courants. En 2008, le déficit du compte courant est projeté à 10,9 % du PIB, en raison essentiellement de la facture alimentaire et énergétique.

S’agissant de la situation monétaire, elle a été marquée en 2007 par une amélioration de 71,1 milliards des avoirs extérieurs nets, une augmentation de 18% du crédit intérieur ainsi qu’une expansion de 12,7% de la masse monétaire. En 2008, la situation monétaire devrait se caractériser par un renforcement de 30 milliards des avoirs extérieurs nets, une hausse de 13,3% du crédit intérieur et une progression de 10,5% de la masse monétaire, en ligne avec la progression du PIB nominal qui devrait croître de 10,4%.

Télécharger