Point mensuel de conjoncture mars 2011

L’économie mondiale poursuit et consolide sa reprise amorcée en 2010, avec un taux de croissance prévu à 4,4% contre 5 % en 2010. A fin mars 2011, les perspectives de croissance dans les principales économies industrialisées tablent sur un taux de 2,4 %, à fin 2011, contre 3,0 % en 2010. Sur un an, le taux de croissance des pays émergents et en développement est attendu à 6,5 % en 2011 après 7,3% en 2010. En Afrique Subsaharienne, le taux de croissance économique est prévu à 5,5 % en 2011, correspondant à une augmentation de 0,5 point par rapport à 2010.

S’agissant de l’inflation mondiale, elle est estimée en mars 2011 à 4,4%, en glissement annuel, contre 4,1% le mois précédent, portée principalement par la hausse des cours des matières premières, notamment les produits pétroliers et alimentaires. Dans les pays industrialisés, le taux d’inflation est estimé à 2,7% contre 6,4% dans les principaux émergents.

Concernant le marché de change, en mars 2011, l’euro s’est apprécié de 3,2% face au dollar, en glissement annuel, passant de 1,358 à 1,402 dollar en moyenne.

Les cours mondiaux des matières premières, notamment alimentaires, ont globalement affiché une baisse, en variation mensuelle, pour la première fois depuis huit mois de hausse continue. Sur le marché des céréales, le cours du blé a chuté de 12 %, affichant 269 $/t en mars 2011, alors les prix du riz et du maïs ont baissé respectivement de 3% et 1%, avec des niveaux estimés à 408 $/t et 291 $/t. Sur un an, les prix du blé, du riz et du maïs ont respectivement augmenté de 53 %, 8 % et 83 %.

S’agissant du marché des oléagineux, les prix des huiles d’arachide, de palme et de tournesol sont respectivement évalués 1650 $/t, 1180$/t et 1611$/t, correspondant à des baisses de 5 %, 9 % et 2%. En ce qui concerne le sucre, le prix de la tonne est estimé à 579$ en mars contre 650$ en février, soit une baisse de 10%. En glissement annuel, les huiles d’arachide, de palme et de tournesol, leurs prix respectifs ont augmenté de 20 %, 42 % et 153 %.

Quant au marché du sucre, sur un an, son cours mondial s’est raffermi de 41 %.

Sur le marché des produits industriels, le prix du coton s’est replié de 2 %. Par contre, l’or a vu son prix augmenter de 4 % et le prix du phosphate s’est stabilisé entre février et mars 2011. S’agissant du pétrole, les prix ont fortement augmenté de 10 %, en mars 2011, avec 115 $/b. Les cours de l’or et du phosphate ont augmenté respectivement de 28 % et 52 %. Sur le marché du pétrole, la hausse des prix est estimée à 43 % en mars 2011 comparé à mars 2010.

L’activité économique interne s’est redynamisée durant le mois de mars 2011, au regard des résultats appréciables relevés dans les différents secteurs. Après la baisse enregistrée au mois précédent, la croissance économique mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture, a enregistré une hausse de 11,1% en variation mensuelle et de 2,8% en glissement annuel.

L’emploi salarié dans le secteur moderne a crû de 0,5% en variation mensuelle. Au niveau du secondaire, un accroissement de 0,5% est noté, tiré essentiellement par une hausse de 3,3% des effectifs du sous secteur des BTP. S’agissant du tertiaire, une création nette d’emplois de 0,6% est observée du fait des hausses des effectifs constatées aussi bien dans le commerce (1,2%) que dans les services (0,4%). Toutefois, en glissement annuel, l’emploi a globalement progressé de 5,1% sous l’effet des accroissements notés dans le secondaire (3,6%) et dans le tertiaire (6,3%).

Les prix à la consommation se sont dépréciés de 0,5%, en variation mensuelle, en mars 2011, du fait essentiellement à la baisse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (-1,7%). Par rapport à la même période de l’année précédente, les prix à la consommation ont connu une croissance de 3,2%. En termes d’origine, les prix des produits locaux ont diminué de 0,9%, tandis que ceux des produits importés ont augmenté de 0,2%. Sur une base annuelle, les produits locaux et ceux importés se sont renchéris respectivement de 3,4% et de 2,5%.

La compétitivité de l’économie sénégalaise s’est confortée de 1,1% en variation mensuelle. Cette situation est le reflet du différentiel d’inflation favorable (-1,3%) légèrement atténué par l’appréciation du FCFA (+0,2%) par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux. En glissement annuel, des gains de compétitivité évalués à 1,1% sont également enregistrés.

Les exportations du Sénégal sont ressorties en légère hausse de 0,2%, tandis que les importations ont enregistré une forte augmentation de 123,3 milliards, tirées essentiellement par les produits pétroliers et le blé, en variation mensuelle Ainsi, le déficit de la balance commerciale s’est creusé de 123,1 milliards en passant de 19,1 milliards en février 2011 à 142,2 milliards au mois de mars 2011. Cette situation s’est traduite par une diminution du taux de couverture des importations par les exportations qui est passé de 83,3% au mois de février 2011 à 40,2% en mars 2011, soit une perte de 43,1 points de pourcentage.

Au cours des trois premiers mois de l’année, les recettes budgétaires sont évaluées à 295,2 milliards (dont 292,7 milliards de recettes fiscales) contre 282,3 milliards au même trimestre de l’année précédente, soit une progression de 12,9 milliards (+4,6%) ; quant aux « dépenses totales et prêts nets », ils sont estimés à 369,4 milliards contre 281,4 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 31,3%, imputable essentiellement aux dépenses en capital. Au total, le solde global base ordonnancement (dons compris) est estimé en déficit de 68 milliards à fin mars 2011, contre un excédent de 7,5 milliards à la même période de l’année précédente. Quant au solde budgétaire de base (y compris PPTE et IADM), il dégage un déficit évalué à 48 milliards.

La situation projetée par les institutions monétaires, à fin mars 2011, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une augmentation des avoirs extérieurs nets de 5%, qui se sont établis à 868,1 milliards, un renforcement de 1% du crédit intérieur et, en contrepartie, une expansion de la masse monétaire de 2% avec un niveau de 2428,4 milliards.