Note de conjoncture septembre 2010

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Les dernières perspectives économiques du FMI ont revu en hausse la croissance du Produit Intérieur Mondial en 2010 à 4,8% contre une prévision initiale de 4,6%, à la faveur du rythme de progression de l’activité plus prononcé dans les pays en développement, notamment les pays émergents.

La hausse des prix à la consommation, observée ces derniers mois, a globalement ralenti, principalement dans les pays avancés et émergents. Au sein de la zone OCDE, les niveaux d’inflation restent entre 1% et 2% dans la plupart des pays. Dans l’UEMOA, le niveau général des prix à la consommation s’est inscrit en hausse de 1,5% en septembre 2010. Sur les marchés des matières premières, les cours ont poursuivi leur hausse, en rythme annuel à fin septembre 2010, tirée principalement par l’augmentation des prix des produits alimentaires et énergétiques. Ainsi, sur les 9 premiers mois de 2010, les hausses moyennes des cours sont ressorties à 25% pour le pétrole, 7% pour le blé, 13% pour le riz et 1% pour le maïs. De même, les prix des différentes huiles ont augmenté à fin septembre 2010 : 13% pour l’huile d’arachide, 22% pour l’huile de palme et 16% pour l’huile de tournesol.

L’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture, a enregistré sur les neuf premiers mois de 2010 une croissance de 4,4%, à la faveur de la bonne tenue du secteur secondaire (5,5%). Le secteur tertiaire et l’administration ont progressé de 2,4% sur la période tandis que le secteur primaire a enregistré une hausse de 4,3%. Le bon niveau de recouvrement de taxes sur biens et services (+12%) a également contribué à la croissance de l’activité économique.

Sur une base mensuelle, l’Indice Général d’Activité (IGA) s’est inscrit en retrait de 3,2% en septembre 2010. Cette évolution est consécutive à l’effet cumulé de la baisse de 13,9% des activités du secondaire et de la contraction de 8,2% du recouvrement des taxes sur biens et services.

L’emploi salarié dans le secteur moderne s’est contracté de 0,7%, en septembre 2010, en variation mensuelle, du fait de la baisse des effectifs observée dans le secondaire. En effet, dans ce secteur, l’emploi s’est contracté de 1,4%, en liaison avec les baisses des effectifs dans l’industrie (-1,4%) et surtout dans les bâtiments et travaux publics (-2,7%). Dans le tertiaire, il ressort une quasi-stabilité par rapport au mois précédent, sous les effets combinés des pertes d’emploi observées dans les services (-0,1%) et de l’augmentation des effectifs au niveau des entreprises commerciales (+0,7%).

Les prix à la consommation ont progressé de 0,9%, en septembre 2010, par rapport au mois précédent. Cette hausse résulte principalement de celle des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées. Les prix des produits locaux ont augmenté de 1,3%, tandis que ceux des produits importés sont en baisse de 0,2%, en variation mensuelle. Comparés au mois de septembre 2009, les prix des produits locaux et importés se sont accrus respectivement de 3,6% et 1,5%. Sur un an, les prix à la consommation ont crû de 3,0%. L’inflation sous-jacente est inscrite en stabilité, en rythme mensuel, et en progression de 0,1%, en glissement annuel.

En septembre 2010, l’économie sénégalaise a enregistré des pertes de compétitivité évaluées à 1,4%, en variation mensuelle. Cette évolution est imputable au différentiel d’inflation défavorable de 1,1%, combiné à l’appréciation du FCFA de 0,3% par rapport aux monnaies des pays partenaires. Toutefois, en glissement annuel, tout comme en moyenne sur les neuf premiers mois de 2010, des gains de compétitivité de 6,3% et 5,2% sont respectivement enregistrés.

Les exportations de biens (FOB) sont évaluées à 77,2 milliards, en septembre 2010 contre 83 milliards le mois précédent, soit une baisse de 6,9%, attribuable notamment aux produits alimentaires (-17,4%) et au ciment hydraulique (-30,6%). Les importations de biens (CAF) se sont, quant à elles, chiffrées à 200,6 milliards contre 175,3 milliards le mois précédent, soit une hausse de 25,3 milliards (+14,5%), du fait principalement des produits pétroliers (+143,8%) et alimentaires (+9,9%). Par conséquent, le déficit de la balance commerciale est évalué à 99,4 milliards contre 71,3 milliards le mois précédent, soit une détérioration de 28,1 milliards. Toutefois, en cumul sur les neuf premiers mois de 2010, le déficit commercial s’est amélioré de 48 milliards, en s’établissant à 716,8 milliards contre 764,8 milliards un an auparavant.

A fin septembre 2010, la gestion budgétaire est marquée par des niveaux satisfaisants de recouvrement des recettes budgétaires et d’exécution des dépenses publiques. En effet, les recettes budgétaires ont progressé de 14,2%, en s’établissant à 943,7 milliards contre 826,7 milliards un an auparavant. S’agissant des dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à 1230,6 milliards, en fin septembre 2010, contre 1063,2 milliards à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 15,7%. Au total, le solde global base ordonnancement2 (dons compris) est évalué en déficit de 169,1 milliards, à fin septembre 2010, contre un déficit de 115,9 milliards, l’année précédente. Quant au solde budgétaire de base (y compris PPTE et IADM), il est également ressorti en déficit de 118,6 milliards.

La situation des institutions monétaires est marquée, à fin septembre 2010, comparativement au mois précédent, par une augmentation des avoirs extérieurs nets de 8 milliards, un renforcement du crédit intérieur de 0,6% et, en contrepartie, une expansion de la masse monétaire de 18,6 milliards ou 0,8%.

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