Note de conjoncture octobre 2010

Les dernières prévisions du taux de croissance du Produit Intérieur Mondial (PIM) restent sur une hausse de 4,8%, en 2010, contre une baisse de 0,6%, en 2009.

Les prix à la consommation ont globalement augmenté au niveau mondial. Sur un an, l’inflation mondiale est estimée à 3,6%, en octobre 2010, contre 3,4%, en septembre 2010. Pour la zone OCDE, l’inflation est évaluée à 1,8 %, en octobre 2010, après +1,7 % en septembre. Dans les pays émergents, l’inflation passe de 5,4 %, en septembre, à 5,8 % en octobre 2010. Sur les marchés de matières premières, la hausse des cours se poursuit, en octobre 2010. Le prix du pétrole Brent a augmenté de 32%, en moyenne sur les dix premiers mois de 2010 et comparé à la même période de l’année précédente. Sur le marché des céréales, la hausse des cours se poursuit pour le blé (+12%), le maïs (+6%) et le riz (+ 18%). Sur le marché des oléagineux, le cours de l’huile d’olive s’est replié de 6%, tandis que ceux des huiles d’arachide, de palme et de tournesol se sont accrus respectivement de 12%, 27% et 21%.

Au mois d’octobre 2010, l’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture, a enregistré, en variation mensuelle, une croissance de 2,9%, a la faveur notamment de la bonne tenue du secteur secondaire (15,5%). Au niveau du secteur tertiaire, les activités commerciales ont fléchi de 2,3%, ainsi que les services immobiliers (-34,7%), les services sanitaires (-8,1%), les services financiers (-7,2%) et les services de postes et de télécommunications (-2,8%). Sur les dix premiers mois de 2010, l’Indice Général d’Activité (IGA), a enregistré une croissance de 4,2%. L’emploi salarié du secteur moderne a enregistré une légère hausse de 0,9%, en octobre 2010, en variation mensuelle, du fait essentiellement de la hausse des effectifs constatée dans le tertiaire (1,5%), atténuée par la quasi-stabilité de l’emploi dans le secteur secondaire.

En octobre 2010, les prix à la consommation continuent leur progression amorcée au mois précédent, affichant ainsi une croissance de 0,5%, en variation mensuelle. Cette évolution est imputable à la hausse des prix des produits locaux (0,7%), atténuée par le repli des prix des produits importés (-0,2%). La hausse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées et de ceux des logements, eau, gaz, électricité et autres combustibles expliquent principalement le niveau général des prix. Par rapport à octobre 2009, les prix à la consommation se sont accrus de 2,3%, suivant les tendances des prix des produits locaux et importés, qui se sont inscrits en hausses respectives de 2,9% et de 1,1%.

La compétitivité-prix de l’économie sénégalaise s’est inscrite en baisse, en octobre 2010, par rapport au mois précédent. En effet, le taux de change effectif réel s’est apprécié de 2,4%, sous l’influence de l’appréciation de la monnaie locale (+2,1%) par rapport à celle des partenaires commerciaux et du différentiel d’inflation défavorable (+0,3%). En glissement annuel, tout comme en moyenne sur les dix premiers mois de l’année 2010, des gains de compétitivité de 5% et 5,1% sont respectivement relevés.

Les exportations de biens sont évaluées à 68,8 milliards, en octobre, contre 77,2 milliards, en septembre 2010, soit une baisse de 10,8%, imputable notamment aux produits alimentaires (-38%) et pétroliers (-23,6%). Les importations de biens se sont, quant à elles, chiffrées à 156,6 milliards contre 200,6 milliards le mois précédent, soit une baisse 21,9%, imputable notamment aux produits pétroliers (-66,4%) et aux produits alimentaires (-24,1%). Ainsi, le déficit de la balance commerciale s’est amélioré de 30,4 milliards, passant de 99,4 milliards à 69 milliards entre septembre et octobre 2010. En cumul à fin octobre, les exportations de biens s’établissent à 831,9 milliards contre 1 838,3 milliards pour les importations, soit un déficit de 785,8 milliards. Le taux de couverture des importations par les exportations est ressorti à 44%, soit une amélioration de 5,5 points de pourcentage, au mois d’octobre 2010.

La gestion budgétaire, à fin octobre 2010, a été marquée par une bonne progression du recouvrement des recettes budgétaires et une maîtrise de l’exécution des dépenses publiques. En effet, les recettes budgétaires ont enregistré une progression de 14,6% à fin octobre 2010 en s’établissant à 1040,9 milliards contre 908,6 milliards un an auparavant. Quant aux « dépenses totales et prêts nets », ils sont estimés à 1342,1 milliards à fin octobre 2010 contre 1159,4 milliards à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 15,8%.

La situation projetée par les institutions monétaires, à fin octobre 2010, comparée à celle de décembre 2009, est marquée par une baisse des avoirs extérieurs nets de 18,5 milliards ou 2,2%, un renforcement du crédit intérieur 12,7% et, en contrepartie, une expansion de la masse monétaire de 169 milliards, qui s’établit à 2395 milliards.