Note de conjoncture mai 2009

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Après le ralentissement observé en 2008, l’économie mondiale devrait traverser en 2009 une grave récession généralisée dans toutes les régions du monde, avant de se redresser lentement en 2010. Cette dégradation progressive de la conjoncture internationale est principalement liée aux premières conséquences de la crise financière internationale et à l’ampleur des précédents chocs sur les prix de l’ensemble des matières premières, au premier rang desquelles le pétrole.

L’onde de choc de la crise s’est très rapidement propagée dans le monde, via les marchés financiers et les échanges commerciaux, et a touché considérablement l’investissement privé et les exportations. Les turbulences sur le marché des capitaux continuent de s’étendre et la poursuite de la contraction de l’offre de crédit au secteur privé pourrait prolonger la récession mondiale au-delà des prévisions.

Selon les dernières estimations du FMI, le taux de croissance de l’économie mondiale serait de -1,3% en 2009 et 1,9% en 2010, après 5,2% en 2007 et 3,2% en 2008.

Parallèlement à la baisse de l’activité économique mondiale, les tensions inflationnistes seraient atténuées en 2009, si la tendance durant la première moitié de l’année se poursuit. Le repli de l’inflation au cours des derniers mois est surtout lié à l’influence de la chute des cours des matières premières, principalement le pétrole, par rapport à leur niveau de 2008. La morosité de l’économie mondiale et la nette amélioration de l’offre de produits de base en 2008 confortent le mouvement baissier des marchés au cours de la première moitié de 2009. Sur un an, en mai 2009, les prix à la consommation ont reculé de 1,3 % aux États-Unis, de 1,1% au japon et de 0% dans la zone euro.

En revanche, dans la zone UEMOA, le niveau des prix demeure globalement élevé sur les cinq premiers mois de 2009 comparé à la même période en 2008, avec un taux moyen d’inflation estimé à 4,2%.

Au plan intérieur, l’activité économique, mesurée par l’Indice Général d’Activité(IGA), hors agriculture et administration, a enregistré une baisse de 2,8%, en variation mensuelle, essentiellement imputable aux contre-performances enregistrées au niveau du secteur tertiaire et, dans une moindre mesure, du sous secteur de l’élevage, malgré la hausse du secteur secondaire et du sous-secteur de la pêche.

Toutefois, au terme des cinq premiers mois de 2009, l’activité est ressortie en légère hausse de 0,4% par rapport à la même période de 2008, imputable au secteur tertiaire qui a progressé de 1,8%, compensant le repli de 2,3%, observé dans les activités du secondaire. Les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche ont également connu des baisses respectives de 5,1% et 10,4%. Cette faible hausse de l’IGA sur les cinq premiers mois pourrait compromettre les objectifs de croissance de 3,1% d’ici la fin de l’année.

Les résultats de l’enquête d’opinions, auprès des chefs d’entreprise, ont montré que les principales contraintes, au mois de mai 2009, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans l’industrie et les services. Pour les bâtiments et travaux publics, ce sont plutôt les contraintes de financement qui sont citées. Dans le commerce, les chefs d’entreprise ont évoqué, comme principale difficulté, l’insuffisance de la demande.

Dans l’industrie, la principale contrainte énoncée par 47,4% des chefs d’entreprise est relative à l’environnement des affaires. Ils ont évoqué notamment le renchérissement de certains intrants et leur répercussion négative sur l’offre, la faiblesse des cours mondiaux de certains produits, la fraude et la concurrence des importations. L’insuffisance de la demande, consécutive à la crise mondiale, a affecté le développement des activités industrielles, selon 31,6% des chefs d’entreprise interrogés. L’accès au financement a été évoqué par 15,8% des répondants comme la principale contrainte à l’exercice de leurs activités. Les arriérés de paiement des dettes des clients privés et publics persistent encore, selon seulement 5,3% des chefs d’entreprise interrogés.

S’agissant du sous secteur des bâtiments et des travaux publics, l’accès au financement constitue la principale contrainte pour 42,9% des répondants qui évoquent les conditions de crédit intenables. Pour 28,6% des répondants, l’environnement des affaires a beaucoup pesé sur le développement de leurs activités.

Au niveau du sous secteur des services, l’environnement des affaires a été évoqué par 54,5% des dirigeants d’entreprises comme principale contrainte, alors que le tiers des répondants considère l’accès au financement comme le principal frein à leurs activités.

S’agissant du commerce, tous les répondants ont trouvé que l’insuffisance de la demande a constitué la difficulté majeure au mois de mai 2009. Cette situation serait liée à la baisse du pouvoir d’achat des ménages dans un contexte de crise économique et financière.

Les prix à la consommation ont enregistré, au mois de mai 2009, un repli de 0,9%, en variation mensuelle, tiré principalement par les prix des produits alimentaires qui ont baissé de 2,2%. Les prix des produits importés ont baissé de plus 2,4%, aussi bien en variation mensuelle qu’en glissement annuel dénotant une nette désinflation importée. Les prix des produits locaux ont accusé une légère hausse de 0,2%, malgré le repli observé ces derniers mois. En moyenne sur les cinq premiers mois de 2009, l’inflation est ressortie à 1,1% comparée à la même période en 2008.

Dans l’UEMOA, le taux d’inflation est estimé en progression de 4,2%, au terme des cinq premiers mois de 2009, tiré par la plupart des pays notamment, le Niger (9,2%), le Burkina Faso (6,6%), le Mali (5,1%), le Togo (4,9%), le Bénin (4,9%), la Guinée Bissau (4,6%) et la Côte d’Ivoire (4,4%). Le Sénégal avec 1,1%, a enregistré le taux le plus bas.

S’agissant de la compétitivité-prix de l’économie sénégalaise, elle a été quasiment stable en mai 2009 relativement au mois précédent. Cette situation a été induite par l’appréciation du franc CFA de 1,2%, vis-à-vis de la monnaie des pays partenaires, compensée par un différentiel d’inflation favorable du même ordre. En revanche, en glissement annuel, l’économie sénégalaise a enregistré des gains de compétitivité estimés à 0,3% au mois de mai et de 0,9%, en moyenne sur les cinq premiers mois.

Les transactions commerciales, entre le Sénégal et le reste du monde, sont caractérisées en mai 2009 par des replis de 4,9% et 13,3% respectivement pour les exportations et les importations. Sur une base annuelle, elles ont respectivement baissé de 18,8% et 46,3% en mai 2009.

La situation cumulée sur les cinq premiers mois de 2009 dégage des baisses, en glissement annuel, de 12,6% et de 24,3% respectivement pour les exportations et les importations, entrainant un déficit commercial de 472,5 milliards à fin mai 2009. En revanche avec l’UEMOA, le Sénégal a enregistré un excédent commercial de 54,9 milliards à fin mai 2009 contre 73,5 milliards à la même période de 2008.

Quant à la gestion budgétaire cumulée à fin mai 2009, elle a été caractérisée par une faible évolution de 0,3% du recouvrement des recettes budgétaires évalué à 460,6 milliards et par une progression de 15,7% des dépenses totales et prêts nets qui s’établissent à 626,6 milliards. Par rapport aux objectifs de recettes budgétaires révisés du programme à fin mai 2009, chiffrés à 508,9 milliards, il ressort une moins-value provisoire de 48,3 milliards.

Ainsi, le solde global base ordonnancement dons compris est estimé en déficit de 130,3 milliards à fin mai 2009 contre un déficit de 62,8 milliards un an auparavant. Quant au solde de base (y compris PPTE et IADM), il est estimé en déficit de 83,9 milliards.

Enfin, la situation estimée des institutions monétaires à fin mai 2009 est marquée par une baisse de 25 milliards des avoirs extérieurs nets qui s’établiraient à 693,9 milliards et un renforcement de 35,3 milliards du crédit intérieur qui se situerait à 1589,6 milliards. En conséquence, la masse monétaire progresserait de 10,3 milliards pour s’inscrire à 2056,9 milliards à fin mai 2009.

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