Note de conjoncture juillet 2010

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L’évolution macroéconomique pendant une bonne partie du printemps a confirmé les prévisions d’une reprise modeste mais continue dans la plupart des pays avancés et d’une croissance vigoureuse dans de nombreux pays émergents et pays en développement. Ainsi, dans son rapport sur les perspectives de l’économie mondiale de juillet 2010, le FMI table sur un taux de croissance de l’économie mondiale de 4,6% en 2010, après un repli de 0,6% en 2009. Ce redémarrage de l’activité économique mondiale est accompagné d’un raffermissement des prix à la consommation, lié notamment à l’envolée des cours des matières premières. Sur les marchés mondiaux des matières premières, les cours ont globalement augmenté au terme des sept premiers mois de 2010 comparativement à la même période de 2009 : pétrole (+43 %), riz (+12 %) et huile arachide (+11 %).

L’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture a enregistré une baisse de 3,0% en juillet 2010. Cette évolution est imputable au secteur secondaire (-10,3%) et à l’administration publique (-6,2%). Le repli du secondaire est attribuable aux autres industries et aux matériaux de construction, tandis que celui de l’administration publique est lié à la chute des taxes sur biens et services de 8,7%. En moyenne sur les sept premiers mois de 2010, la croissance de l’activité économique interne est évaluée à 4,4%, à la faveur des résultats appréciables relevés au niveau de tous les secteurs d’activités, notamment le secondaire (8,8%) et l’administration (7,6%), le primaire et le secondaire ayant progressé respectivement de 2,3% et 1,7%.

Les résultats de l’enquête d’opinion montrent qu’en juillet 2010, les principales contraintes des entreprises du secteur moderne portent sur l’environnement des affaires dans l’industrie, les services et le commerce. Dans les bâtiments et travaux publics, l’accès au financement constitue la difficulté majeure au développement des activités.

L’emploi salarié dans le secteur moderne a enregistré, au mois de juillet 2010, une progression de 0,8%, imputable notamment aux entreprises industrielles (+0,7%), à celles de Bâtiments et Travaux Publics (+1,9%) ainsi qu’aux services (+1,0%). En revanche, l’effectif du sous-secteur commercial s’est inscrit en retrait de 0,2% sur la même période.

Les prix à la consommation1 ont enregistré, à fin juillet 2010, une hausse de 1,5%, sous l’effet du renchérissement des produits alimentaires et boissons non alcoolisées et des services de restauration et d’hôtellerie. En glissement annuel, les prix à la consommation sont ressortis en hausse de 2,3% au mois de juillet 2010 contre une stabilité notée en moyenne sur les sept premiers mois de l’année. S’agissant de l’inflation sous jacente, mesurée par l’indice des prix hors produits frais et énergétiques, elle est ressortie en baisse en variation mensuelle et en glissement annuel pour respectivement 0,1% et 1,0%.

Durant le mois de juillet 2010, l’économie sénégalaise a enregistré des pertes de compétitivité-prix évaluées à 3,8% en rythme mensuel. Cette situation résulte du différentiel d’inflation défavorable de 2,2%, combiné à l’appréciation du franc CFA de 1,6% par rapport à la monnaie des partenaires commerciaux. Toutefois, en glissement annuel, des gains de compétitivité de 5,6% sont enregistrés, en liaison avec la dépréciation du franc CFA de 4,6% et le différentiel d’inflation favorable de 1%. Sur les sept premiers mois de l’année 2010, la compétitivité s’est également confortée de 4,9% par rapport à la même période de l’année précédente.

En cumul à fin juillet 2010, les exportations sont évaluées à 602,9 milliards contre 550,7 milliards un an auparavant, soit une hausse de 9,5% attribuable principalement aux ventes extérieures de produits pétroliers (+58,2%), d’acide phosphorique (+35,1%) et de ciment hydraulique (+38,4%). Pour leur part, les importations de biens sont passées de 1280 milliards à fin juillet 2009 à 1305,7 milliards à fin juillet 2010, soit une progression de 2%, liée notamment aux produits pétroliers (+41,3%) et aux « véhicules, matériel de transport et pièces détachées » (+14,9%). Au total, le déficit commercial s’est amélioré de 29,5 milliards sur la même période. Le taux de couverture s’est contracté de 20,9 points de pourcentage sur la même période en s’établissant à 41,6%.

Au titre des finances publiques, durant les sept premiers mois de l’année 2010, la gestion budgétaire a été marquée par un bon recouvrement des recettes budgétaires conjugué à une exécution assez soutenue des dépenses. En effet, les recettes budgétaires cumulées à fin juillet 2010 sont évaluées à 761,7 milliards contre 672,5 milliards un an auparavant, soit une évolution de 89,2 milliards en valeur absolue et de 13,3% en valeur relative. Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à 1000,2 milliards à fin juillet 2010 contre 785,7 milliards à fin juillet 2009, soit une progression de 214,5 milliards (+27,3%).

Au total, le solde global2, base ordonnancement (dons compris), est évalué en déficit de 164,8 milliards à fin juillet 2010 contre un déficit de 37,2 milliards un an auparavant. Quant au solde budgétaire de base 3 (y compris PPTE et IADM), il ressort déficitaire de 86,9 milliards.

A fin juillet 2010, la situation estimée des institutions monétaires, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une augmentation de 3% des avoirs extérieurs nets, un renforcement du crédit intérieur de 11 milliards ou 0,7%. Reflétant l’évolution de ses contreparties, la masse monétaire se situerait à 2313,9 milliards à fin juillet 2010, soit une hausse de 1,7%

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