Note de conjoncture juillet 2009

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Le ralentissement de l’économie mondiale commence à se stabiliser, mais à un rythme varié d’une zone à l’autre. Malgré ces signes positifs, la croissance économique mondiale est prévue à -1,4% en 2009, contre 3,1% en 2008. Dans les pays avancés, l’activité devrait reculer de 3,8% en 2009 après 0,8% l’année précédente. Dans les pays émergents et en développement, la conjoncture devrait aussi être morose en 2009, avec une croissance économique globalement prévue à 1,5% après 6% en 2008.

Quant à l’inflation, elle a diminué sur un an avec la contraction de la demande. Ainsi, dans les pays avancés, les prix ont accusé un repli de 0,9% aux Etats-Unis, de 0,6% dans la zone euro et de 2,4% au Japon. Dans les pays de l’UEMOA, l’inflation continue de ralentir. La variation des prix à la consommation est globalement estimée à 3%, en moyenne, sur les sept premiers mois de 2009 par rapport à la même période en 2008.

Les marchés financiers sont toujours restés faibles, en dépit du soutien apporté par les pouvoirs publics pour aider à restaurer la stabilité. De nombreuses banques centrales, aux États-Unis et en Europe, ont maintenu leurs taux directeurs faibles et les taux de change fluctuent dans une fourchette restreinte.

Au niveau des marchés des matières premières, la morosité économique a accéléré la baisse des prix. Sur le marché des produits alimentaires, notamment les céréales et les oléagineux, la baisse s’est poursuivie en juillet 2009, comparativement à la même période en 2008.

S’agissant de l’activité économique interne, l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture et administration, a enregistré au mois de juillet 2009, une légère reprise de 1,2%, en variation mensuelle, après un repli de 4,3% en juin. Cette croissance est imputable à la bonne tenue du secteur tertiaire, mais également à la reprise des activités dans le sous-secteur de l’élevage. Toutefois, au terme des sept premiers mois de 2009, l’activité mesuré par l’IGA a reculé de 0,5%, contre un objectif en fin d’année de stabilité et une croissance économique globale de 1,5%.

Cette situation, à fin juillet 2009, résulte des replis observés dans les secteurs secondaire et tertiaire qui ont baissé respectivement de 0,2% et 0,1%. Le sous secteur de l’élevage a également accusé une baisse de 6%. Le léger repli du secondaire s’explique par la baisse des activités dans les sous- secteurs de l’énergie, des BTP et des autres industries et a été limité par les performances observées dans les industries extractives, les huileries ainsi que les industries chimiques.

Concernant les résultats de l’enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprises au mois de juillet 2009, les principales contraintes citées par les entreprises du secteur secondaire, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans l’industrie et le recouvrement des créances, notamment dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics.

Au niveau du sous- secteur industriel, 52,6% des chefs d’entreprises estiment que la principale contrainte est relative à l’environnement des affaires, notamment le renchérissement des pièces de rechange et de certains intrants (soufre, chlore, sulfate d’alumine, etc.) et les problèmes d’approvisionnement en électricité. Cette dernière contrainte serait liée à l’insuffisance de la capacité de production du sous-secteur.

La faiblesse de la demande intérieure et extérieure, face à une offre potentielle, est évoquée par 31,6% des chefs d’entreprises. Cette situation induit des difficultés d’écoulement de la production, entraînant ainsi la hausse des stocks de produits finis. Le problème du financement, évoqué par 15,8% des chefs d’entreprises, se pose à la fois en termes d’accès au crédit et de coût des services financiers.

Dans les activités de bâtiments et des travaux publics, 66,7% des chefs d’entreprises, placent les créances publiques au premier rang des contraintes majeures à l’exercice de leurs activités. Les autres ont évoqué, dans les mêmes proportions, l’environnement des affaires et l’insuffisance de la demande.

Au niveau du secteur tertiaire, les principales contraintes au développement des activités, en juillet 2009, restent l’insuffisance de la demande et l’environnement des affaires.

Quant aux services, ces contraintes ont été évoquées, par 35,7% des répondants. La léthargie qui prévaut au niveau des importations de céréales, notamment le riz, constitue une contrainte pour les services de transports et d’assurances, fortement tributaires de la cadence des échanges extérieurs. Dans le sous secteur bancaire, l’atonie du marché, la baisse des activités de production et le renforcement de la concurrence, ont entrainé une réduction de la demande.

Au niveau du trafic ferroviaire, des lenteurs sont notées dans la signature de la convention fiscale et douanière entre le Sénégal et le Mali qui permettrait de lever les difficultés et d’assurer le bon fonctionnement du trafic. Dans d’autres sous secteurs également, les restrictions budgétaires ont occasionné des pertes de marché. Le problème du financement, évoqué par 21% des répondants, ne se pose pas en termes d’accès au crédit, mais serait plutôt lié aux conditions d’octroi de prêt.

Au niveau des activités commerciales, 40% des répondants ont cité la demande comme principal obstacle au développement de leurs activités. La morosité du climat socioéconomique mondial a eu un impact négatif sur le pouvoir d’achat, réduisant ainsi la demande. Pour le reste, l’environnement des affaires, marqué par la situation économique mondiale difficile et le problème d’approvisionnement en électricité, les difficultés d’accès au crédit et le recouvrement des créances constituent les principales autres contraintes évoquées, dans chaque cas, par 20% des chefs d’entreprises.

Les prix à la consommation ont enregistré, au mois de juillet 2009, une hausse de 0,4% sur un mois, tirée principalement par les prix des produits alimentaires, notamment ceux de la viande et des poissons qui se sont renchéris respectivement de 8,2% et 8,8%.

Les prix des produits importés ont baissé de 1,7%, sur un mois, et de 5,2% sur un an, dénotant une nette désinflation importée. Sur les sept premiers mois, la baisse est de 0,4%. Quant aux produits locaux, ils ont observé une hausse de 1,1% par rapport au mois précédent. En moyenne sur les sept premiers mois de 2009, l’inflation est ressortie à 0,3%, comparée à la même période en 2008.

Dans l’UEMOA, les prix à la consommation, en juillet 2009, ont légèrement repris de 0,6% sur un mois et de 0,2% sur l’année. Le taux d’inflation, au terme des sept premiers mois de 2009, est estimé à 3%, tiré par le Niger (7,8%), le Burkina Faso (4,8%), le Togo (4,3%), le Bénin (4,2%), le Mali (3,3%) et la Côte d’Ivoire (3,1%). Le Sénégal (0,4%) et la Guinée Bissau (2,2%) ont enregistré les taux les plus bas.

En conséquence, l’économie sénégalaise a enregistré en juillet 2009, une perte de compétitivité de 0,6% en rythme mensuel, résultant d’un différentiel d’inflation défavorable de 0,4%, conjugué à l’appréciation de 0,2% de la monnaie nationale par rapport à celle des partenaires commerciaux.

Sur les sept premiers mois de l’année 2009, les gains cumulés sont estimés à 1,2% par rapport à la même période en 2008, grâce à un différentiel d’inflation favorable de 2,2%, atténué par une appréciation de 1% de la monnaie nationale.

Les échanges du Sénégal avec l’extérieur sont marqués, en juillet 2009, par une forte progression de 78,7% des exportations contre un repli de 18,1% des importations. Sur une base annuelle, les exportations ont augmenté de 17,6% tandis que les importations se sont contractées de 17,8%. Le cumul sur les sept premiers mois de 2009 fait ressortir une progression de 5,7% des exportations et une baisse de 14,5% des importations, par rapport à la même période de 2008. Cette contraction des importations reflète entre autre la baisse des prix de certains produits importés et le ralentissement de l’activité.

Au total, le déficit de la balance de biens est estimé à 526,0 milliards, contre un objectif annuel de 1007,3 milliards, et s’améliore ainsi de 212,0 milliards comparativement à la même période en 2008. En revanche, les échanges commerciaux, vis-à-vis des autres pays de l’UEMOA, sont ressortis avec un excédent commercial de 13,5 milliards en juillet 2009, ramenant l’excédent cumulé sur les sept premiers mois de 2009 à 108,9 milliards.

S’agissant des finances publiques, la gestion budgétaire au cours des sept premiers mois de l’année 2009 a été caractérisée par un recouvrement soutenu des recettes dans un contexte économique assez difficile et une maîtrise des dépenses permettant de contenir le déficit. Ainsi, par rapport à fin juillet 2008, les recettes budgétaires ont enregistré une progression de 6,5% pour atteindre 676,3 milliards1. Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils ont baissé de 4,5% pour se situer à 795,2 milliards.

Par rapport aux objectifs révisés, estimés à 731,2 milliards à fin juillet 2009, il ressort une moins-value provisoire de 54,9 milliards, due essentiellement aux recouvrements moins importants que prévus des impôts directs, en particulier l’impôt sur les sociétés, et les taxes intérieures, notamment la TVA hors pétrole, la TVA sur le pétrole et le FSIPP1.

Ainsi, le solde global base ordonnancement2, dons compris, est estimé en déficit de 50 milliards à fin juillet 2009, contre un déficit de 119,9 milliards à fin juillet 2008.

Quant au solde de base3 hors PPTE et IADM, il s’est établi en déficit de 9,6 milliards, contre un objectif plafond du programme d’un déficit de 90 milliards à fin septembre 2009 et à 119 milliards pour l’année 2009.

La situation estimée des institutions monétaires, à fin juillet 2009, est marquée par une augmentation de 2,9 milliards des avoirs extérieurs nets qui s’établiraient à 783,9 milliards et un renforcement de 28,6 milliards du crédit intérieur qui se situerait à 1553,7 milliards. En contrepartie, la masse monétaire, devrait atteindre 2119,5 milliards, soit une expansion de 31,5 milliards.

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