Note de conjoncture janvier 2010

Download

RESUME

Après une décroissance en 2009, l’économie mondiale devrait renouer avec l’expansion en 2010. Selon la plupart des prévisions économiques, la profonde récession qui a frappé l’ensemble des pays de l’OCDE, l’an dernier, est terminée et le retour à la normale est amorcé dans les principales économies de la zone, au cours de la seconde moitié de 2009. En effet, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) annoncent respectivement, pour 2010, des taux de croissance de 3,9% et de 2,7%, après -0,8% et -2,2% en 2009.

Les prix à la consommation observent, depuis novembre 2009, une tendance à la hausse dans la plupart des pays avancés, après sept mois successifs de déflation, du fait de la récente progression des cours de certains produits et services divers, liée au redressement de l’activité économique mondiale.

Les marchés monétaires et financiers internationaux se sont stabilisés et amorcent, à présent, un mouvement de redressement partout dans le monde. Sur les marchés des taux d’intérêt, les principales banques centrales maintiennent toujours leur taux de financement à de très faibles niveaux, bien que certaines d’entre elles aient amorcé un resserrement ou manifesté l’intention de le faire prochainement.

Sur le marché des matières premières, la tendance des prix est globalement haussière, en janvier 2010, portée par les perspectives de la reprise de l’économie mondiale et confortée par la spéculation. Toutefois, des disparités persistent dans l’évolution des prix de certains produits.

L’activité économique internedu mois de janvier 2010, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture, a enregistré, en janvier 2010, une baisse de 13,6% par rapport au mois de décembre 2009. Cette évolution, attendue en raison de la forte hausse observée en décembre 2009, est consécutive à la baisse observée dans la quasi-totalité des secteurs, à l’exception du sous-secteur de l’élevage, qui a enregistré une croissance de 10,2%. Au niveau du secondaire, les autres industries, l’énergie et les activités extractives ont enregistré des évolutions négatives. Dans le secteur tertiaire, la baisse concerne, à la fois, les activités commerciales et les services. Cependant, en glissement annuel, il ressort croissance de l’IGA de 5,4%. Hormis la baisse relevée dans le sous-secteur de l’élevage, tous les autres secteurs ont enregistré des résultats appréciables. Le secteur secondaire a enregistré une croissance de 13,4%. Le sous-secteur de la pêche a maintenu un bon rythme d’activité, qui s’est traduit par une hausse de 5,1%. Quant aux activités du secteur tertiaire, elles sont restées stables.

En rapport avec l’activité, l’emploi salarié du secteur moderne, mesuré par l’indice de l’emploi, a baissé de 1%, en janvier 2010, en variation mensuelle. Cette situation serait imputable à la perte d’emploi observée dans le secondaire (-2,8%). En effet, le sous-secteur de l’industrie a enregistré une baisse de 4,2% contre une hausse de 3,9% dans les bâtiments et des travaux publics (BTP). Quant au secteur tertiaire, il s’est légèrement mieux comporté sur la période sous revue, avec une hausse de l’emploi de 0,6%, en liaison avec le sous-secteur des services (0,7%).

Les résultats de l’enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprises, révèlent que les principales contraintes évoquées, durant le mois de janvier 2010, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans les sous secteurs de l’industrie et des services. Dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics, les difficultés évoquées sont relatives au recouvrement des créances, tandis que dans le sous secteur du commerce, c’est plutôt la faiblesse de la demande qui constitue le principal obstacle au développement des activités.

Au niveau du sous-secteur industriel, 38,9% des chefs d’entreprises ont déploré un environnement des affaires difficile, marqué toujours par le coût élevé des inputs, la concurrence déloyale et la fraude. L’insuffisance de la demande est déclarée comme contrainte majeure par 33,3% des dirigeants, consécutivement à la baisse du pouvoir d’achat. Parallèlement, le niveau des stocks est reste stable selon 61,5% des chefs d’entreprises alors que 30,8% et 7,7% des répondants enregistrent respectivement une hausse et une baisse. L’accès au financement constitue une difficulté majeure pour 5,6% des industriels.

Dans le sous secteur des Bâtiments et Travaux Publics, le tiers des entrepreneurs évoque des difficultés de recouvrement des créances qui entameraient leur trésorerie. En outre, l’insuffisance de la demande et l’environnement des affaires ont été évoqués, à part égale, par 16,7% des répondants. Cette situation découlerait essentiellement de l’insuffisance des marchés, du retard constaté dans l’exécution du budget avec l’allongement des procédures de passations de marchés et des impayés sur les créances publiques.

S’agissant des services, l’environnement des affaires continue de peser sur le développement des activités. Selon 66,7% des chefs d’entreprises enquêtés, cette situation serait liée à la conjoncture mondiale difficile, aux problèmes de fourniture d’électricité et des lourdeurs administratives. L’insuffisance de la demande a été évoquée comme principale difficulté, par 16,7% des dirigeants. Les coûts élevés des services financiers, ont constitué une contrainte majeure à l’accès au financement pour 8,3% des entreprises enquêtées.

Dans le sous-secteur commercial, le début de l’année 2010, est caractérisé par une baisse de la demande, par rapport aux prévisions, selon 50,0% des chefs d’entreprises. La rareté des marchés, ainsi que le repli de la demande provenant des ménages, plombée par la baisse de leur pouvoir d’achat, expliqueraient cette situation. L’environnement des affaires, jugé très concurrentiel, a été cité par 30,0% des commerçants. La conjoncture économique difficile et la lourdeur des procédures administratives ont été aussi indexées. L’accès au financement et le recouvrement des créances ont été évoqué dans chaque cas, par 10% des répondants.

Après deux mois successifs de baisse, les prix à la consommation ont renoué avec la hausse, en janvier 2010, avec 0,1%, en variation mensuelle. Cette légère augmentation résulterait de la hausse des prix des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants de 2,1% et, dans une moindre mesure, de celle des produits alimentaires, boissons non alcoolisées de 0,5%.

Les prix des produits locaux, tout comme ceux importés, sont restés en quasi-stabilité, entre décembre 2009 et janvier 2010. En comparaison avec janvier 2009, les produits locaux se sont renchéris de 1,2% alors que ceux importés ont enregistré une baisse de leurs prix de 4,5%.

L’inflation sous-jacente[1], mesurée par les prix hors produits frais et énergétiques, est restée stable, en évolution mensuelle, contre une baisse de 0,4%, en glissement annuel. Dans la zone UEMOA, la tendance baissière entamée en fin 2009, se poursuit en 2010 avec un taux de déflation moyenne estimé à 1%, en glissement annuel. Les prix ont reculé dans la plupart des pays, avec des niveaux de repli allant de 5% en Guinée-Bissau à 0,2% au Sénégal. Néanmoins, dans certains pays tels que le mali et le Burkina Faso, l’inflation est restée en hausse respectivement de 2% et 1%.

L’économie sénégalaise a enregistré, en janvier 2010, des gains de compétitivité, évalués à 3,1% par rapport au mois précédent, du fait de la dépréciation du franc CFA (3,1%) comparée à la monnaie des principaux partenaires commerciaux. En glissement annuel, la compétitivité a affiché une amélioration estimée à 4,8%, en raison du différentiel d’inflation favorable (3,8%), conjugué à la dépréciation de 1% du franc CFA.

Les échanges commerciaux avec l’extérieur, estimés en janvier 2010, seraient marqués par une baisse des exportations de 4,7% contre une hausse de 3,4% des importations, relativement au mois précédent. En glissement annuel, elles ont enregistré respectivement des hausses de 45,2% et 2,2%.

Le déficit estimé de la balance commerciale s’est dégradé de 4,7%, en passant de 56 milliards, au mois de décembre 2009, à 66,6 milliards, en janvier 2010. En revanche, en glissement annuel, il est passé de 99,7 milliards, en janvier 2009, à 66,6 milliards, en janvier 2010. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 53,7% au mois de janvier 2010, contre 57,7%, en décembre 2009, soit une perte de 4 points de pourcentage. Par contre, il s’est amélioré de plus de 16 points de pourcentage par rapport au mois de janvier 2009 où il s’était établi à 37,4%.

S’agissant des finances publiques, le début de l’année 2010 a été marqué par un bon niveau de recouvrement des recettes budgétaires, contre à une exécution timide des dépenses, notamment celles en capital.

En effet, les recettes budgétaires sont estimées à 87,8 milliards, en janvier 2010, contre 74,4 milliards, en janvier 2009, soit une progression de 13,4 milliards, en valeur absolue et de 18%, en valeur relative. Par rapport à l’objectif du cadrage macroéconomique fixé à 83,4 milliards, il se dégage une plus value provisoire de 4,4 milliards. S’agissant des dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à 86,3 milliards en janvier 2010, contre 90,8 milliards, un an auparavant, soit un repli de 4,5 milliards, en valeur absolue, et de 4,9%, en valeur relative.

Au total, le solde global[2] (base ordonnancement), dons compris, est évalué en léger excédent de 1,5 milliard, à fin janvier 2010, contre un déficit de 16,4 milliards, à la même période en 2009. Il en est de même du solde budgétaire de base[3] (hors PPTE et IADM), qui est excédentaire de 6,5 milliards.

Enfin, la situation estimée des institutions monétaires, en janvier 2010, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une légère baisse des avoirs extérieurs nets de 21,8 milliards, un renforcement du crédit intérieur de 1,3% et, en conséquence, une légère contraction de la masse monétaire de 1,2 milliard soit 0,1%. L’encours du crédit intérieur se situerait à 1661,3 milliards, à fin janvier 2010, contre 1640,7 milliards, à fin décembre 2009, soit une progression de 20,6 milliards, en liaison avec les crédits au secteur privé et les créances nettes du système bancaire sur l’état. Ces dernières se chiffreraient à 137 milliards, à fin janvier 2010, augmentant de 1,8 milliard par rapport au mois précédent. S’agissant des crédits au secteur privé, ils se chiffreraient à 1524,3 milliards contre 1505,4 milliards un mois plus tôt, soit une évolution de 18,9 milliards. Cette situation traduirait l’évolution des crédits ordinaires qui passeraient de 1500,5 à 1519,3 milliards, entre décembre 2009 et janvier 2010. Les crédits de campagne se situeraient à 5 milliards, à fin janvier 2010, en augmentation de 0,1 milliard par rapport à fin décembre 2009.

A fin janvier 2010, l’encours des crédits bancaires au secteur privé serait constitué de 975,6 milliards de crédits à court terme (64%), 472,5 milliards de crédits à moyen terme (31%) et 76,2 milliards de crédits à long terme (5%).

[1] Ce concept donne une idée de l’inflation résultant du processus économique intérieur. Il exclut de l’observation, les biens et services dont les prix se forment sur le marché mondial, ainsi que ceux caractérisés par des variations erratiques. En l’absence de définition précise généralement acceptée sur le plan international, l’indice considéré est obtenu en excluant de l’indice général, l’énergie et les produits frais.

[2] Solde global (base ordonnancement) = recettes budgétaires + dons - dépenses totales et prêts nets.

[3] Solde de base = recettes budgétaires +dons – dépenses totales et prêts nets + dépenses en capital sur ressources extérieures + prêts rétrocédés.

Download
Newsletter