Note de conjoncture du 1er trimestre 2011

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1. La croissance de l’économie mondiale est prévue à 4,4% en 2011 contre 5% en 2010. A la fin du premier trimestre de 2011, dans les principales économies industrialisées, les perspectives de croissance semblent globalement s’améliorer, avec une accélération de l’investissement productif et une stimulation de la reprise par la consommation intérieure. Néanmoins, le séisme du Japon et le printemps arabe rendent les perspectives plutôt incertaines. Selon les estimations de l’OCDE, la croissance économique a été vigoureuse, au premier trimestre 2011, dans les économies du G7 (sans le Japon), avec un taux estimé à 3%. Dans la zone euro, l’expansion économique serait de 2,5%, portée principalement par l’Allemagne (3,7%) et la France (3,4%). Dans les économies anglo-saxonnes, la progression de l’activité est estimée à 3,1% et 3%, au premier trimestre de 2011, respectivement aux Etats-Unis et au Royaume –Uni.

2. Au Sénégal, l’activité économique interne, mesurée par l’indice général d’activité, proxy du PIB hors agriculture, a enregistré, au premier trimestre 2011, une croissance de 3,8%, en glissement annuel, à la faveur notamment de la bonne tenue des activités dans les secteurs secondaire (4,9%) et tertiaire (4,3%).

3. Dans le secteur secondaire, les activités sont restées très dynamiques au cours du premier trimestre 2011. Une nette accélération de la production (17,1% en variation trimestrielle et 4,9% en glissement annuel) est notée malgré les contraintes évoquées par les chefs d’entreprises, liées à la distribution insuffisante de l’énergie électrique. Les conserves de poissons et de viande, le travail de grains, le raffinage de pétrole, les cimenteries et la construction (BTP) ont enregistré des performances appréciables sur le premier trimestre.

4. Pour le secteur tertiaire, la croissance des activités (7,4% en variation trimestrielle et 4,3% en glissement annuel) fait suite à une bonne tenue d’ensemble des principaux sous-secteurs, notamment les services de transport et de télécommunication, les services financiers et les services hôteliers. En revanche, pour le commerce, les résultats des enquêtes de conjoncture laissent augurer une baisse de la demande, comme principale contrainte au développement des activités.

5. Le regain d’activité, noté au premier trimestre de 2011, n’a pas eu un impact positif sur l’emploi. En effet, l’emploi salarié moderne s’est replié de 1,6% sur une base trimestrielle. Dans le secondaire, les effectifs se sont contractés de 2,6%, particulièrement dans les industries (-4,7%) et dans le tertiaire, les services notent une baisse de son effectif de 1,9%. En revanche, sur un an, l’emploi salarié a progressé de 5,1%, sous l’effet des accroissements notés dans le secondaire (3,6%) et dans le tertiaire (6,6%) et conformément à la croissance des activités (5,7% et 4,2% relevée respectivement dans ces secteurs)

6. L’inflation mondiale est estimée à 4,4% en glissement annuel, portée principalement par la hausse des cours des matières premières, notamment les produits pétroliers et alimentaires. En effet, les cours du pétrole brut sont orientés à la hausse depuis le deuxième trimestre 2010 tandis que les prix des produits alimentaires ont fortement augmenté depuis l’été 2010.

7. Dans la zone UEMOA, la plupart des pays ont dépassé le seuil communautaire fixé à 3% (4,8% en Guinée Bissau, 3,5% au Bénin, 3,6% au Sénégal, 3,7% au Niger et 3,9% au Togo).

8. Au Sénégal, les prix à la consommation sont ressortis en hausse de 3,6% sur le premier trimestre 2011, comparativement à la même période en 2010. Cette évolution résulte essentiellement d’une augmentation des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (8,6%) et dans une moindre mesure au renchérissement des services de « logements, eau, gaz, électricité et autres combustibles » (3,0%), du transport (3,1%), de l’enseignement (2,7%) ainsi que de la restauration et de l’hôtellerie (2,6%). En particulier, les prix des poissons frais se sont appréciés de 50,6% en glissement annuel du fait de la rareté de la ressource. Le prix du lait enregistre une hausse de 13,5% contre 15% pour le sucre, 27,3% pour la farine de blé, et 2,1% pour les huiles.

9. La compétitivité-prix de l’économie sénégalaise s’est confortée de 1,8% en liaison avec le différentiel d’inflation favorable (-1,1%) et la dépréciation du FCFA (-0,7%) par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux.

10. Les résultats de l’Enquête de Perception de la Conjoncture par les Ménages (EPCM) ont montré que les dépenses alimentaires ont globalement augmenté au cours du premier trimestre 2011, pour 75% des ménages de la capitale. Pour leur part, les dépenses de santé et de scolarité sont restées stables pour, respectivement, 58% et 75% des familles dakaroises. S’agissant des dépenses de transport, elles sont en hausse pour 43% des ménages de la capitale et en stabilité pour 48% des foyers. La facture d’électricité est ressortie en hausse, durant le premier trimestre 2011, pour 53% des ménages de la capitale contre 32% qui ont noté une stabilité.

11. Au plan social, l’enquête EPCM révèle que 90% des foyers ont accès à l’eau potable et 92% à l’électricité. En revanche, l’assainissement reste un service peu accessible avec seulement 31% des ménages enquêtés. Concernant la situation des enfants dans la capitale, il ressort globalement de l’enquête que 14% des moins de 18 ans sont des travailleurs et qu’un enfant sur trois est non scolarisé. Pour ce qui est de la situation alimentaire, l’enquête révèle que 67% des ménages dakarois assurent trois repas par jour, contre 31% de foyers qui n’en prennent que deux et seulement 1% des familles interrogées ont droit à un seul repas par jour.

12. Au titre des chocs subis par les ménages, au cours du premier trimestre, 86% des enquêtes ont relevé l’inflation et 78% ont cité les coupures d’électricité. Ces chocs ont entraîné une baisse du revenu selon 39% des interviewés. Toutefois, 32% des ménages interrogés ont bénéficié d’appuis au cours du trimestre précédent sous forme d’aide sociale. Cette assistance provient de l’Etat selon 21% des répondants, d’organisations non gouvernementales pour 8% des ménages et d’autres types de bienfaiteurs pour 3% des interviewés. Ce soutien social porte principalement sur l’acquisition de moustiquaires imprégnés, la gratuité de fourniture scolaire, l’accès aux mutuelles, l’obtention de bons alimentaires et la gratuité des services de santé.

13. Les recettes budgétaires sont évaluées, au premier trimestre de l’année 2011, à 295,6 milliards contre 282,3 milliards au même trimestre de l’année précédente, soit une progression de 4,7%. Quant aux « dépenses totales et prêts nets », ils sont évalués à 422,9 milliards contre 281,4 milliards à la même période en 2010, soit une hausse de 141,5 milliards (+50,3%).

14. Les exportations ont progressé de 52 milliards (+21,2%), en glissement annuel, en raison notamment des ventes à l’étranger de produits alimentaires (+33,1%), de ciment hydraulique (+48,8%) et d’acide phosphorique (+16,3%). Quant aux importations de marchandises, elles sont ressorties en légère progression de 0,7% par rapport au premier trimestre de 2010. Cette évolution des importations est attribuable pour l’essentiel aux produits alimentaires (31,4%) et aux véhicules (49,4%).

15. La situation des institutions monétaires à fin mars 2011, comparée à mars 2010, est marquée par une progression de 4,7 milliards ou 1% des avoirs extérieurs nets, un renforcement du crédit intérieur de 214,2 milliards ou 13% et, en contrepartie, la masse monétaire ressortirait à 2482,1 milliards, soit une progression de 181,7 milliards ou 8%.

16. Les conditions appliquées par les banques et établissements financiers à la clientèle, comparées à celles du trimestre précédent, sont marquées par une baisse du taux débiteur moyen de 0,03 point (7,08%) et une hausse de 0,07 point du taux de rémunération d’un compte de dépôt (4,98%).

17. Le secteur de la micro-finance a connu une expansion remarquable au cours des dernières années. Sur la période 2009-2010, le sociétariat (bénéficiaires/membres) a connu une évolution significative. En effet, le taux de pénétration s’est situé à 12,5% à fin 2010 contre 12,3%, un an auparavant, soit une progression de 0,22 point. Les dépôts au niveau des SFD ont connu une forte hausse entre 2009 et 2010, passant de 128 milliards à prés de 161,7 milliards. L’encours de crédit est ressorti à 182,1 milliards à fin 2010, évoluant de 13,3% sur une base annuelle. Cependant, le taux de créance en souffrance maintient sa tendance haussière, passant de 4,01% à 4,4% entre 2009 et 2010, soit une progression de 0,37 point de pourcentage.

18. Les transferts rapides d’argent reçus ont progressé de 12,8 milliards ou 9,4%, sur une base annuelle. Concernant les émissions d’argent par transferts rapides, elles ont baissé de 3,5 milliards ou 16,6%. Par conséquent, les transferts nets ont augmenté de 16,3 milliards

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