Note de conjoncture décembre 2010

Environnement international

En 2010, la croissance du Produit intérieur mondial (PIM) reste estimée en hausse de 5 %, portée par les pays émergents et ceux en développement. Toutefois, les prévisions du FMI tablent sur un taux de croissance de 4,4% pour 2011, en baisse de 0,6 point comparé à 2010. Dans les pays avancés tout comme dans ceux en développement, les taux de croissance sont prévus en baisse en 2011, soit respectivement 2,5% et 6,5%. Toutefois, la croissance mondiale reste portée par la Chine, l’Inde et le Brésil, où les taux de croissance respectifs sont prévus à 9,6 %, 8,4 % et 4,5 %, contre 10,3%, 9,7 % et 7,5 %, l’année précédente. En Afrique Subsaharienne, après un ralentissement en 2009 (2,6 %), la croissance économique devrait atteindre 5 % en 2010 puis 5,5 % en 2011. S’agissant de l’inflation mondiale, elle est estimée en hausse de 3,9 %, en décembre 2010, en glissement annuel, tirée par les pays de l’OCDE (2,0%). Toutefois, en moyenne annuelle, le taux d’inflation global est à 2,5 % après 1,6 % en 2009, du fait de la flambée des cours des produits agricoles et pétroliers. Sur le marché de matières premières, en 2010, les cours ont connu de fortes hausses, notamment ceux des produits alimentaires et énergétiques, liées aux déséquilibres des fondamentaux du marché conjugués à la spéculation. Sur le marché des céréales, la hausse des prix est générale, 17 % pour le riz, 16% pour le blé et 12% pour le mais. Concernant les produits oléagineux, la quasi-totalité des huiles ont connu de fortes hausses de leurs prix en 2010. En moyenne sur toute l’année, l’huile d’arachide affiche une hausse de 19 %, 26% pour le tournesol et 32% pour l’huile de palme.

Sur le marché du pétrole, le prix moyen annuel du baril est estimé à 80,2 $/b cette année, contre 62,4$/b l’année précédente, soit une hausse de 29 % après une baisse de 37 % en 2009, du fait de la faiblesse du dollar et d’une consommation en hausse.

Activité économique interne et l’emploi dans le secteur moderne

L’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture, a enregistré une croissance de 4,7%, en 2010, à la faveur de la bonne tenue des activités du tertiaire (4,0%), du primaire (4,7%) et des taxes sur biens et services (11,1%). Toutefois, le secondaire s’est relativement bien comporté en enregistrant une hausse de 3,7% en 2010.

En variation mensuelle, l’activité économique a enregistré une progression de 16,2%, consécutive à la croissance des activités relevée dans tous les secteurs d’activités. En effet, dans le tertiaire, la bonne performance des services d’hébergement et restauration (38,3%), notée au mois de décembre 2010, s’explique par la haute saison mais également par les retombées du Festival Mondial des Arts Nègres.

L’emploi salarié du secteur moderne est ressorti en hausse de 2,6%, en variation mensuelle, en décembre 2010, du fait de l’augmentation des effectifs dans les secteurs secondaire (2,3%) et tertiaire (2,8%). Sur une base annuelle, une progression de 9,3% de l’effectif du secteur salarié moderne a été observée, grâce à l’effet cumulé des hausses relevées dans le secondaire 6,8% et le tertiaire (11,5%). Ces résultats traduisent une bonne tenue de l’emploi durant l’année 2010.

Inflation et compétitivité

Entre novembre et décembre 2010, les prix à la consommation ont enregistré une hausse de 0,2% du fait principalement de la progression des prix des services de la fonction « logement, eau, électricité et gaz », de la santé et de la communication.

Globalement, en 2010, l’inflation est ressortie à 1,2% contre -1,0% en 2009, soit en dessous du seuil communautaire fixé à 3%. Ce raffermissement des prix à la consommation est imputable, principalement, aux fonctions « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (4,0%), « logement, eau, électricité et autres combustibles » (2,1%) et transport (2,9%). Toutefois, la hausse des prix à la consommation a été atténuée par le repli de 7,9% des prix de la communication, de 1,2% de ceux des meubles et articles de ménage et de 3,8% des prix des loisirs et culture.

La compétitivité-prix de l’économie sénégalaise a enregistré des gains évalués à 1,5%, en variation mensuelle, en décembre 2010, en raison du différentiel d’inflation favorable de 0,4% conjugué à la dépréciation du franc CFA vis-à-vis de la monnaie des partenaires de 1,1%. En glissement annuel, la compétitivité de l’économie sénégalaise s’est renforcée de 4,7%, du fait essentiellement de la dépréciation du franc CFA par rapport à la monnaie des partenaires commerciaux. Sur l’année 2010, la compétitivité de l’économie s’est améliorée de 5,1% par rapport à l’année précédente.

Echanges extérieurs

En décembre 2010, les exportations ont enregistré une hausse de 5,1%, attribuable principalement aux produits alimentaires (+8,6%) et pétroliers (+11,2%). Toutefois, cette hausse est atténuée par le recul de 8,9% des exportations de ciment hydraulique et une quasi-stabilité (+0,2%) des exportations d’acide phosphorique. S’agissant des importations, elles sont également ressorties en hausse de 38,9%, en variation mensuelle, imputable notamment aux achats de produits alimentaires (+28,1%), pétroliers (+154,4%), pharmaceutiques (+19,5%), de « machines, appareils et moteurs » (+11,7%) et de « véhicules, matériel de transport et pièces détachées » (+26,7%). Ainsi, le déficit de la balance commerciale s’est creusé de 47,5 milliards, en variation mensuelle, du fait notamment de la progression des importations plus forte que celle des exportations.

En cumul à fin décembre 2010, les exportations de biens sont chiffrées à 1 021,6 milliards contre 897,2 milliards un an auparavant, soit une hausse de 124,4 milliards (+13,9%). Les importations de biens sont évaluées à 2 202,3 milliards contre 2 142 milliards pour l’année précédente, correspondant à une augmentation de 2,8%. Par conséquent, le déficit commercial a diminué de 15,3 milliards, en s’établissant à 916,5 milliards, contre 931,8 milliards un an auparavant. Cette situation s’est traduite par l’amélioration du taux de couverture des importations par les exportations, qui est passé de 40,4% à fin décembre 2009 à 46,4% à fin décembre 2010.

Finances publiques

La gestion budgétaire a été marquée, durant l’année 2010, par le renforcement du recouvrement des recettes et un suivi rapproché de l’exécution des dépenses dans un contexte de diminution des dons budgétaires. En effet, les recettes budgétaires sont estimées à 1262,1 milliards contre 1121,9 milliards l’année précédente, soit une progression de 12,5% en variation annuelle. Les « dépenses totales et prêts nets » sont, pour leur part, évalués à 1719,5 milliards en 2010, contre 1608 milliards en 2009, soit une hausse de 6,9%.

Au total, le solde global base ordonnancement (dons compris) est estimé en déficit de 294 milliards, en 2010, soit au même niveau qu’en 2009. Quant au solde budgétaire de base (hors PPTE et IADM), il dégage un déficit évalué provisoirement à 139,3 milliards.

Monnaie et crédit

La situation projetée par les institutions monétaires, à fin décembre 2010, fait ressortir, par rapport au mois précédent, une légère augmentation de 3,1 milliards (0,3%) des avoirs extérieurs nets, un renforcement du crédit intérieur de 29 milliards ou 1,7% et, en contrepartie, une expansion de la masse monétaire de 1,3%, qui s’établit à 2529,2 milliards

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