Note de conjoncture décembre 2009

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NOTE SYNTHETIQUE DE LA CONJONCTURE DE DECEMBRE

La conjoncture économique mondiale a évolué de façon contrastée en 2009. En effet, après la nette chute de l’activité, qui a conduit l’ensemble des pays industrialisés dans une profonde récession, durant le premier trimestre, des signes d’amélioration de la situation sont brusquement apparus dès le début du deuxième trimestre dans la plupart des économies avancées. A partir du troisième trimestre, un nombre grandissant de pays ont enregistré une croissance trimestrielle positive de leur Produit Intérieur Brut (PIB). Toutefois, au terme de l’année 2009, la croissance économique mondiale est globalement attendue à -1,1% par le Fonds Monétaire International (FMI) et à -2,2 par la Banque Mondiale (BM). En perspective pour 2010, l’économie mondiale devrait se rétablir et les prévisions de ces deux institutions tablent respectivement sur des taux de croissance de 3,1 % et de 2,7%.

Les prix à la consommation ont poursuivi leur hausse dans la plupart des pays avancés et l’inflation est à nouveau positive en décembre 2009, comme en novembre, après sept mois d’affilée de déflation. La hausse des prix des matières premières, notamment le pétrole, du fait du redressement de l’économie mondiale, explique essentiellement ce raffermissement des prix.

Sur le marché des changes, en variation annuelle, l’euro a enregistré une baisse de 5% et de 14% respectivement face au dollar et au yen. En revanche, comparée à la livre sterling, la monnaie unique européenne s’est appréciée de 11%.

S’agissant des matières premières, malgré la récente fermeté, liée au regain d’activité dans la plupart des économies industrialisées, la plupart des prix ont connu une forte baisse en 2009, en termes de variation en moyenne annuelle.

L’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture et administration a enregistré, au mois de décembre 2009, une croissance de 25,0% en variation mensuelle, après une baisse de 8% au mois précédent. Ce résultat a été favorisé par la bonne évolution d’ensemble relevée dans tous les secteurs d’activités qui serait liée aux effets combinés d’un rattrapage et d’un début de reprise de l’activité.

Au terme de l’année 2009, l’activité mesurée par l’IGA a évolué de 1,7% par rapport à son niveau de 2008. Cette évolution a été favorisée par les résultats appréciables enregistrés dans tous les sous secteurs, à l’exception de celui de l’élevage qui a accusé une baisse de 3,9%. La croissance du secteur secondaire est consécutive à la bonne tenue des activités à l’exception des bâtiments et travaux publics qui sont restés stables. Les activités du secteur tertiaire ont enregistré une légère croissance de 0,6%, tandis que le sous secteur de la pêche a évolué en hausse de 2,8%. Au total, l’évolution favorable de l’IGA, par rapport aux prévisions initiales de novembre 2009, pourrait amener à réviser légèrement à la hausse les prévisions de croissance de 2009. Les résultats de l’enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprises, révèlent que les principales contraintes évoquées, durant le mois de décembre 2009, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans le secteur industriel et les services. Dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics, les entrepreneurs ont évoqué dans les mêmes proportions l’insuffisance de la demande, l’environnement des affaires et le non recouvrement des créances comme principales difficultés. Quant au sous secteur commercial, l’insuffisance de la demande et l’environnement des affaires ont été cités comme principales contraintes au développement des activités.

La baisse des prix à la consommation, enregistrée au mois de novembre, s’est confirmée en décembre 2009 avec un repli de 1,2%, en variation mensuelle. Cette baisse est imputable au repli des prix des produits alimentaires (-2,8%) et des services de transport (-0,1%). En moyenne annuelle, l’inflation s’est établie en baisse de 1,0% par rapport à 2008.

Dans la zone de l’UEMOA, en dépit des disparités entre pays, l’inflation confirme sa tendance baissière en affichant un taux annuel pour 2009, estimé à 1% après une hausse 7,6%, un an auparavant. En effet, le Niger demeure le seul pays de l’Union ayant un taux supérieur au seuil de convergence de 3%, avec 4,2 %. Quant à la Côte d’Ivoire, elle est à 1% de hausse, soit le même niveau que l’UEMOA. Parallèlement, la Guinée Bissau et le Sénégal consolident leurs places, en enregistrant des taux respectifs de déflation de 1,7% et de 1,1%, soit les plus bas de toute l’Union.

Au mois de décembre 2009, la compétitivité de l’économie sénégalaise s’est améliorée de 2,4%, en variation mensuelle, en raison du différentiel d’inflation favorable de 1,5% conjugué à la dépréciation de 0,9% du franc CFA vis-à-vis de la monnaie des partenaires commerciaux. Sur l’année 2009, la compétitivité s’est renforcée de 1% par rapport à l’année précédente, grâce au différentiel d’inflation favorable de 3,5% qui a annihilé l’effet de l’appréciation de 2,6% du franc CFA par rapport à la monnaie des partenaires.

S’agissant des échanges commerciaux avec l’extérieur, entre novembre et décembre 2009, ils ont été caractérisés par une hausse des exportations et des importations, respectivement de 58,7% et 3,5%. En revanche, en cumul sur l’année 2009, celles-ci ont affiché des baisses respectives de 4,3% et 17,7%, comparativement à l’année 2008. Le déficit de la balance commerciale est passé de 110,9 milliards au mois de novembre 2009 à 77,3 milliards en décembre. En cumul sur l’année 2009, le déficit est estimé à 932,7 milliards, contre 1632,2 milliards en 2008.

S’agissant des finances publiques, à l’issue de l’année 2009, la décélération de l’activité économique liée notamment à l’environnement international défavorable, a influé sur le niveau de recouvrement des recettes budgétaires.

En effet, à fin décembre 2009, ces dernières sont estimées en cumul à 1101,9 milliards contre 1152 milliards à la même période en 2008, soit une baisse de 50,1 milliards en valeur absolue et de 4,4% en valeur relative. Par rapport à l’objectif de la Loi de finances rectificative (LFR) d’un montant de 1202,4 milliards et à celui du cadrage macroéconomique retenu dans le cadre du programme ISPE de 1160 milliards, il ressort des moins values respectives de 100,5 milliards et 58,1 milliards.

Les dépenses totales et prêts nets sont estimés à 1534 milliards en 2009 contre 1578,6 milliards en 2008, soit une diminution de 44,6 milliards en valeur absolue et de 2,8% en valeur relative, imputable principalement à la baisse des dépenses de fonctionnement. En somme, le solde global base ordonnancement (dons compris) est évalué en déficit de 286,1 milliards en 2009 contre un déficit de 273,6 milliards en 2008 (soit 4,6% du PIB). Ce déficit de 2009 représente 4,8% du PIB contre 4,9% prévu dans la LFR et 4,5% dans le cadrage. Quant au solde budgétaire de base[1] (hors PPTE et IADM), il est estimé en déficit de 164,7 milliards, soit au-dessus du plafond fixé par le programme de 119 milliards.

A fin décembre 2009, la situation estimée des institutions monétaires, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une augmentation des avoirs extérieurs nets de 75,5 milliards, une contraction du crédit intérieur de 1,8% et, en contrepartie, une expansion de la masse monétaire de 2,6%.

L’encours du crédit intérieur se situerait à 1640,7 milliards à fin décembre 2009 contre 1659,4 milliards un mois plus tôt, soit une contraction de 18,7 milliards ou 1,1%, sous l’effet des créances nettes du système bancaire sur l’Etat. Ces dernières se chiffreraient à 135,2 milliards à fin décembre 2009 contre 27,7 milliards en 2008, soit un repli de 107,5 milliards. S’agissant des crédits octroyés par le système bancaire au secteur privé, ils se chiffreraient à 1505,4 milliards à fin décembre 2009, progressant de 65,8 milliards par rapport à décembre 2008.

A fin décembre 2009, les créances octroyées par le système bancaire au secteur privé seraient constituées de 978,5 milliards de crédits à court terme (65%), 451,6 milliards de crédits à moyen terme (30%) et 75,3 milliards de crédits à long terme (5%).

[1] Solde de base = recettes budgétaires +dons – dépenses totales et prêts nets + dépenses en capital sur ressources extérieures + prêts rétrocédés.

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