Note de conjoncture août 2010

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Le redressement de l’économie mondiale annoncé en 2010 se confirme, même si le rythme de croissance a été ralenti par la crise de la dette en Europe. Les perspectives de croissance du Produit Intérieur Mondial (PIM) prévoient un taux de croissance de 4,6 % en 2010 contre -0,6% en 2009. L’évolution de l’inflation serait principalement liée à la réduction graduelle des écarts du cours du baril de pétrole entre 2009 et 2010. Sur les marchés de matières premières, les prix moyens ont globalement augmenté : le pétrole affiche une hausse de 37%, le sucre (21%), les huiles d’arachide (11%), de palme (23%) et de tournesol (13%). Les cours des céréales se sont également raffermis, notamment ceux du blé (22% en variation mensuelle et 41% en glissement). Au sein de l’UEMOA, le taux d’inflation se situerait à 1,5% à fin août 2010, après 1,3% à fin juillet.

L’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB (hors agriculture) a enregistré un recul de 6,0% au mois d’août 2010, en variation mensuelle. Cette évolution est consécutive à la baisse généralisée relevée dans tous les secteurs d’activités, surtout le tertiaire (-8,8%) et le secondaire (-3,4%). L’administration publique (-0,1%) et le primaire (-1,4%) baissent dans une moindre mesure. En moyenne sur les huit premiers mois de 2010, il ressort une croissance de 4,6% favorisée par la bonne tenue des activités observée dans tous les secteurs, en particulier le secondaire (8,0%) et l’administration (2,4%). Le primaire et le tertiaire ont enregistré des hausses respectives de 3,2% et 2,2%.

L’emploi salarié moderne affiche une légère hausse mensuelle de 0,8%, au mois d’août 2010, sous les effets combinés d’une croissance de 2,2% dans le secteur secondaire et d’une baisse de 0,4% dans le secteur tertiaire.

Après deux mois de hausses successives, les prix à la consommation continuent sur leur tendance en enregistrant en août 2010 une augmentation de 1,2% en variation mensuelle, du fait principalement des hausses des prix des produits locaux et importés pour respectivement 1,5% et 0,2%. Par rapport à la même période en 2009, les prix à la consommation ont progressé de 2,2%. En moyenne sur les huit premiers mois de 2010, il ressort un relèvement des prix de 0,3%. La compétitivité de l’économie sénégalaise a enregistré, au mois d’août 2010, un repli de 0,3% en rythme mensuel. Cette situation s’explique par le différentiel d’inflation défavorable de 0,2% conjugué à l’appréciation du Franc CFA de 0,1% par rapport à la monnaie des partenaires commerciaux. En moyenne sur les huit premiers mois de 2010, tout comme en glissement annuel, la compétitivité s’est améliorée respectivement de 5,1% et 6,3%.

Au mois d’août 2010, les exportations de biens sont estimées à 94,8 milliards contre 92,4 milliards le mois précédent, soit une hausse de 2,7%, imputable notamment aux produits alimentaires (+27,6%) et aux produits pétroliers (+9,5%). Les importations de biens sont, quant à elles, estimées à 227,9 milliards, soit une hausse de 6 milliards (+2,7%) par rapport au mois précedent, tirée essentiellement par les produits pétroliers (+12,9). Par conséquent, le déficit de la balance commerciale se serait détérioré de 2,8 milliards sur la même période, et de 5 milliards, en cumul sur les huit premiers mois de 2010.

Au cours des huit premiers mois de 2010, la gestion budgétaire a été marquée par un niveau satisfaisant de recouvrement des recettes budgétaires et une exécution soutenue des dépenses publiques. En effet, les recettes budgétaires ont progressé de 12,9% en s’établissant à 852,5 milliards à fin août 2010 contre 762,4 milliards à la même période de 2009. S’agissant des dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à 1.088,8 milliards à fin août 2010 contre 881,1 milliards l’année précédente, soit une hausse de 38,6% en valeur relative. Au total, le solde global base ordonnancement (dons compris) est évalué en déficit de 150,7 milliards.

A fin août 2010 contre un déficit de 42,2 milliards un an auparavant. Quant au solde budgétaire de base (y compris PPTE et IADM), il affiche également un déficit estimé à 95,3 milliards.

A fin août 2010, la situation estimée des institutions monétaires, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une augmentation de 2% des avoirs extérieurs nets et un léger renforcement de 5,5 milliards ou 0,3% du crédit intérieur. La masse monétaire, reflétant l’évolution de ses contreparties, se serait située à 2430,8 milliards, soit une expansion de 1,1%.

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