Note de conjoncture août 2009

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A l’entame de la seconde moitié de l’année 2009, la conjoncture économique mondiale annonce des signes de reprise de l’activité. La progression de l’économie mondiale devrait être plus rapide que prévue, mais restera modeste à court terme. Selon les dernières estimations du FMI, la contraction du Produit Intérieur Mondial (PIM) serait de 1,3% en 2009, contre une prévision initiale de -1,4%. En 2010, la croissance qui était prévue à 2,5% a été révisée à 2,9%.

Dans ce contexte, les tensions inflationnistes se sont considérablement atténuées, du fait de la morosité de l’activité économique et de la fragilité de la reprise de la croissance dans les principales économies mondiales. Le redressement récent des cours des produits de base a, certes, tendance à relever les prix à la consommation, mais l’inflation devrait rester modérée à court terme.

Le système financier international continue de se soumettre à rude épreuve dans toutes les régions du monde. Dans les pays avancés comme dans ceux en développement, la croissance du crédit a marqué le pas. Dans les pays industrialisés, les pouvoirs publics s’attèlent toujours à trouver les solutions pour dissiper les tensions sur les marchés de financement des banques et des entreprises, à combattre la crise et à relancer l’activité économique mondiale.

Les cours mondiaux de matières premières, notamment le pétrole et les produits alimentaires, devraient connaître une nette baisse en 2009 par rapport à 2008, du fait de l’amélioration sensible de la situation de l’offre et de la baisse de la demande, liée au ralentissement de l’activité économique globale.

S’agissant de l’activité économique interne mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture et administration, elle a enregistré au mois d’août 2009, un repli de 4,3%, en variation mensuelle, du fait des baisses observées dans l’ensemble des secteurs. Les secteurs secondaire et tertiaire ont enregistré un recul respectivement de 4,7% et 3,8%. Les sous secteurs de l’élevage et de la pêche ont replié respectivement de 1,4% et de 4,2%.

Toutefois, au terme des huit premiers mois de 2009, l’activité économique est ressortie en légère hausse de 0,2% par rapport à la même période de 2008, contre un objectif de stabilité et une croissance économique globale de 1,5% en fin d’année. Cette évolution est consécutive a l’effet cumulé des hausses relevées au niveau des secteurs secondaire (1,1%) et tertiaire (0,3%).

Le sous secteur de la pêche a également enregistré une hausse de 6,9%. Toutefois, le sous secteur de l’élevage reste toujours en difficultés avec une baisse de 6,9%. Le léger relèvement du secondaire s’explique par les performances observées dans les industries extractives, les huileries ainsi que les industries chimiques. La baisse de 1,3% des autres industries, qui représentent une part importante du secondaire, a limité la croissance du secteur.

Quant au secteur tertiaire, la croissance relativement timide de 0,3%, tirée principalement par les activités immobilières, les services financiers et les services de postes et télécommunications, a été atténuée par les contreperformances des activités commerciales et des transports.

Concernant les résultats de l’enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprises au mois d’août 2009, les principales contraintes, citées par les entreprises du secteur secondaire, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans l’industrie et le recouvrement des créances, notamment dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics. Quant au secteur tertiaire, en dehors de l’environnement des affaires c’est plutôt, l’insuffisance de la demande qui est la contrainte majeure au développement des activités.

Au niveau du sous secteur industriel, 57,9% des chefs d’entreprises estiment que l’environnement des affaires s’est dégradé en août du fait notamment des difficultés d’approvisionnement en électricité, qui engendrent des déficits de production et des charges additionnelles pour le fonctionnement des groupes électrogènes, et le renchérissement des pièces de rechange. La demande semble reprendre peu à peu en août, suite à la stabilisation de la récession mondiale. Seulement, 26,3% des chefs d’entreprises interrogés ont évoqué des difficultés d’écoulement de la production. Le problème du financement est relaté par 10,5% des chefs d’entreprises.

Dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics, 50% des chefs d’entreprise, ont évoqué des difficultés de recouvrement des créances. La faiblesse de la demande, citée par 33,3% des entrepreneurs, serait étroitement liée à la conjoncture économique mondiale.

Dans les services, 50% des répondants ont cité l’environnement des affaires comme principale contrainte. Selon eux, cette situation serait due, principalement à la période hivernale, au ramadan et aux difficultés d’approvisionnement en électricité. La baisse de la demande a été relatée par 28,6% des chefs d’entreprise. Le problème du financement demeure pour 14,3% des répondants, même si la proportion a diminué par rapport au mois précédent. Le recouvrement des créances échues sur les clients a constitué une contrainte majeure à l’activité pour seulement 7,1% des chefs d’entreprises.

Au niveau des entreprises commerciales, l’insuffisance de la demande et l’environnement international ont été évoqués à part égale par 33,3% des répondants. La morosité du climat socioéconomique mondial a eu un impact négatif sur le pouvoir d’achat, réduisant ainsi la demande. L’environnement des affaires a été marqué par le problème d’approvisionnement en électricité, la période du ramadan et les difficultés de mobilité accentuées durant la période hivernale. Le recouvrement des créances et l’accès au financement, constituent les autres contraintes évoquées par 16,7% des commerçants interrogés.

Les prix à la consommation ont enregistré, au mois d’août 2009, une hausse de 1,4%, en variation mensuelle, tirée principalement par les prix des produits alimentaires frais, notamment, les poissons et la viande qui se sont renchéris respectivement de 19,3% et 3%. En glissement annuel, les prix à la consommation se sont contractés de 3%.

Les prix des produits locaux ont augmenté de 2%, tandis que ceux des produits importés n’ont pas enregistré de variation sensible par rapport au mois de juillet 2009. En glissement annuel, les prix des produits locaux et importés ont baissé respectivement de 1,7% et 6,5%. Quant à l’inflation sous-jacente, mesurée par les prix hors produits frais et énergétiques, elle se situe en légère hausse de 0,3%, par rapport au mois de juillet, contre un repli de 0,7%, en glissement annuel. En moyenne sur les huit premiers mois de 2009, l’inflation est ressortie en baisse de 0,1% comparée à la même période en 2008.

Cette tendance baissière de l’inflation se confirme dans l’UEMOA où le taux moyen sur les huit premiers mois de 2009 est estimé à 2,4%. Toutefois, dans certains pays de l’Union, des niveaux élevés d’inflation persistent, c’est le cas du Niger (6,8%), du Burkina Faso (4,1%) et du Bénin (4%). En Guinée Bissau et au Sénégal, les taux d’inflation sont relativement plus bas, respectivement 1,4% et -0,1%.

Par ailleurs, l’économie sénégalaise a enregistré, au mois d’août 2009, une perte de compétitivité, estimée à 1%, en rythme mensuel, en raison essentiellement du différentiel d’inflation défavorable évalué à 0,9%. Cependant, les gains de compétitivité de 1,7% notés, en glissement annuel, sont atténués par l’appréciation de la monnaie nationale de 3,1% par rapport à celle des partenaires commerciaux. En moyenne sur les huit premiers mois de 2009, les gains cumulés ont atteint à 1,3%, en comparaison avec la même période de 2008 grâce à un différentiel d’inflation favorable de 2,6%, malgré l’appréciation du FCFA de 1,3%.

Les échanges commerciaux entre le Sénégal et le reste du monde sont marqués, en août 2009, par des replis des exportations et des importations respectivement de 53,9% et 11,4%. Le cumul sur les huit premiers mois de 2009 fait ressortir une progression de 2,1% des exportations contre une contraction de 18,3% des importations, comparativement au cumul de la même période de 2008.

En conséquence, le déficit de la balance de biens est estimé à 597,2 milliards contre un objectif annuel de 1007,3 milliards, et s’améliore ainsi de 282,2 milliards par rapport à son niveau de la même période de l’année passée. Au niveau de la zone UEMOA, le Sénégal a réalisé un excédent commercial de 9,4 milliards, en août 2009, portant le cumul sur les huit premiers de 2009 à 118,3 milliards.

S’agissant des finances publiques, à fin août 2009, la gestion budgétaire a été caractérisée par un recouvrement assez soutenu des recettes, dans un contexte économique difficile, et une maîtrise des dépenses permettant de contenir le déficit. Ainsi, par rapport à fin août 2008, les recettes budgétaires ont enregistré une progression de 7,9% pour atteindre 762,9 milliards(1) et les dépenses totales et prêts nets ont, quant à eux, augmenté de 2,2% pour se situer à 898,8 milliards. Par rapport aux objectifs révisés de recettes budgétaires, à fin août 2009, chiffrés à 818,1 milliards, il ressort une moins-value provisoire de 55,2 milliards, due essentiellement au recouvrement moins important que prévu des impôts directs, en particulier l’impôt sur les sociétés, et aux taxes intérieures, notamment la TVA intérieure hors pétrole, la TVA sur le pétrole, ainsi que le FSIPP.

Ainsi, le solde global base ordonnancement(2), dons compris, est estimé en déficit de 66,9 milliards à fin août 2009 contre un déficit de 82,9 milliards à fin août 2008.

Quant au solde de base(3) hors PPTE et IADM, il s’établit en déficit de 13,7 milliards contre un plafond programme déficitaire fixé à 90 milliards pour fin septembre 2009 et à 119 milliards pour l’année 2009.

La situation estimée des institutions monétaires, à fin août 2009, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une baisse de 17,6 milliards des avoirs extérieurs nets, qui ont atteint 779,3 milliards et un repli de 30,8 milliards du crédit intérieur qui devrait s’établir à 1550,3 milliards. En contrepartie, la masse monétaire s’est contractée de 49,3 milliards pour atteindre 2079,9 milliards.

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