Note de conjoncture Septembre 2008

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Le ralentissement de l’économie mondiale, annoncé en début 2008, s’est confirmé durant la première moitié de l’année et devrait se poursuivre sur le reste de la période, en raison principalement de la baisse du rythme des activités dans les grandes économies avancées, confrontées à deux grands chocs considérables : l’envolée des cours du pétrole et des produits de base, d’une part, et la propagation de la crise financière, d’autre part.

Le rythme de croissance trimestriel dans ces pays ne serait plus que de 0,2 % au second semestre après 0,3% au premier semestre. S’agissant du taux de croissance moyen annuel des pays avancés, il est prévu à 1,6% en 2008 après 2,6% en 2007. Au niveau mondial, en moyenne annuelle, la croissance économique est attendue à 4%, après 5% en 2007.

Dans ce contexte de moindre croissance de l’économie mondiale, la hausse des prix à la consommation s’est intensifiée et s’est généralisée durant la première moitié de 2008. Ainsi, l’inflation a atteint des niveaux particulièrement préoccupants dans la plupart des pays au Nord comme au Sud. Toutefois, à l’entame de la seconde moitié de l’année, les prix ont connu un certain reflux qui devrait se poursuivre et même s’accélérer avec la récession qui menace les pays industrialisés.

Sur le marché financier, la crise amorcée avec les crédits immobiliers (subprime), s’est encore approfondie au cours du second semestre de 2008. En effet, après les défaillances des crédits à risque, portant sur des prêts hypothécaires accordés à une clientèle dont la solvabilité est en dessous d’un certain seuil, on a assisté à une nouvelle vague de défauts de paiement des prêts à des intermédiaires du système financier.

Cette crise, qui s’est accompagnée de la faillite de plusieurs banques commerciales régionales aux États-Unis, a conduit à une grande volatilité des marchés boursiers et à un climat de défiance généralisée qui a entravé le bon fonctionnement des marchés interbancaires, les banques restant très réticentes à se concéder mutuellement des prêts. Cette perte de confiance sur le marché interbancaire a finalement entraîné une fuite vers les titres publics.

Sur le marché des taux d’intérêt, en dépit des importantes injections de liquidités réalisées par les banques centrales, les taux pratiqués sur les marchés interbancaires restent largement supérieurs aux taux directeurs. S’agissant du marché des changes, l’euro a encore connu une dépréciation vis-à-vis du dollar. Par contre le franc CFA s’est apprécié par rapport au franc guinéen, à l’ougiya, au cedi et au naïra.

Sur le marché des matières premières, au cours du troisième trimestre 2008, les prix ont globalement fléchi par rapport aux niveaux records atteints récemment, tout en restant élevés par rapport aux tendances passées. Sur le marché des matières énergétiques, le repli des prix est en grande partie lié à la baisse de la demande dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale.

S’agissant des produits alimentaires, la diminution des prix est surtout liée à l’accroissement de l’offre, les pays exportateurs ayant pris des mesures relatives à l’augmentation des superficies cultivées. En outre, les conditions climatiques favorables de la saison 2008/2009 contribueront à l’augmentation des rendements de production en céréales dans les principaux pays producteurs. Par ailleurs.

Au plan intérieur, l’Indice Général d’Activité (IGA), indicateur de suivi de l’activité économique réelle (hors agriculture), en septembre 2008 est resté stable par rapport au mois précédent et a enregistré une légère hausse de 1,2%, relativement à septembre 2007. Au terme des neuf premiers mois de 2008, il est ressorti en hausse de 3,5% en raison essentiellement du secteur tertiaire qui a progressé de 4,7%, malgré la baisse des activités immobilières.

Quant au secteur secondaire, le ralentissement du rythme de croissance se poursuit (0,1%) avec les contreperformances des industries chimiques, des industries extractives et des huileries, qui n’ont pas été contenues par la bonne reprise des activités de raffinage de pétrole.

En perspective pour 2008, la croissance économique devrait connaître un ralentissement, qui aurait été plus important, n’eussent été les performances agricoles.

Durant le mois de septembre 2008, les principales contraintes évoquées par les chefs d’entreprises, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans les sous secteurs de l’industrie, du commerce et des services, et les créances publiques dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics, confirmant ainsi les prévisions annoncées en août 2008.

Dans l’industrie, 55,6% des chefs d’entreprises, déplorent la dégradation de l’environnement des affaires, notamment le cours des matières premières, les problèmes d’approvisionnement en électricité qui alourdissent les coûts de production, ainsi que les délais de livraison jugés longs au niveau du port. La faiblesse de la demande, évoquée par 22,2% des chefs d’entreprises, serait liée à la baisse du pouvoir d’achat. Les autres citent comme principales contraintes, les créances publiques et le financement.

Dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics, les chefs d’entreprises n’ont pas évoqué de difficultés liées à la demande, même si certains pensent que celle-ci est en deçà de leurs potentialités. Par contre, les créances publiques constituent, selon 60,0% des chefs d’entreprises interrogés, la principale contrainte au développement de leurs activités. Les autres évoquent, à proportion égale, l’environnement des affaires et l’accès au financement.

Dans les activités de services, les chefs d’entreprises citent comme principales contraintes l’environnement des affaires (36,4%) et l’insuffisance de la demande (36,4%). Le non recouvrement des créances publiques échues a constitué une préoccupation forte pour 18,2% des répondants. Le problème du financement a aussi été évoqué par 9,1% d’entre eux.

Concernant le commerce, la majorité des chefs d’entreprises enquêtés ont indexé deux contraintes majeures : la faiblesse de la demande pour 37,5% des répondants et le recouvrement des créances notamment sur l’Etat (25%). Le cadre global d’exercice de l’activité commerciale se serait également dégradé, selon le quart des répondants.

En perspective pour le mois d’octobre 2008, les chefs d’entreprises du secteur secondaire ne sont pas optimistes quant à la résolution des difficultés de trésorerie induites par les retards de paiement des clients et de l’Etat d’une part, et par le renchérissement des facteurs techniques de production et le paiement des salaires d’autre part.

Quant aux activités de services, la conjoncture resterait terne au mois d’octobre 2008. Les difficultés de trésorerie seraient exacerbées par les impayés de l’Etat, face au renchérissement des facteurs techniques de production et les obligations salariales du personnel. La demande serait en retrait, notamment celle venant de l’Etat. Toutefois, elle pourrait être relancée dans certains secteurs comme les transports urbains avec la rentrée scolaire.

Enfin, dans le sous secteur commercial, la conjoncture en octobre ne serait pas plus reluisante. Selon les chefs d’entreprises enquêtés, le pouvoir d’achat des ménages ne devrait pas se relever et le retard du recouvrement par les entreprises des créances de l’Etat risque de différer leurs commandes à l’étranger. Cette situation serait préjudiciable au bon approvisionnement du marché à l’approche des fêtes de Tabaski et de fin d’année, périodes de grande consommation.

La hausse des prix s’est poursuivie au mois de septembre 2008, avec une progression de 1,8%, en variation mensuelle. En glissement annuel, la hausse de 7,9% observée est imputable à l’augmentation des prix des produits alimentaires (12,9%) qui continuent de subir les effets des tensions sur les prix du riz auxquelles s’ajoutent le relèvement des prix des services de transport de 12,9% et de ceux des services du logement (2,8%), avec les effets induits des hausses des tarifs de l’électricité.

Les prix des produits locaux ont augmenté de 5,4% et ceux importés de 15,3% sur les douze mois, soit une contribution de 56% des produits locaux et 43% des produits importés. L’inflation sous jacente s’est inscrite en hausse mensuelle de 0,1% et de 3,5%, en glissement annuel. En moyenne, sur les neuf premiers mois de 2008, l’inflation est ressortie à 5,9%, laissant augurer un niveau de cet ordre en fin d’année.

Dans l’UEMOA, tous les pays ont affiché des évolutions de prix élevées. L’inflation est estimée globalement à 7,1% à fin septembre 2008, soit plus du double de l’objectif communautaire de 3%. En dehors de la Guinée Bissau, avec 10,4%, les taux d’inflation les plus élevés sont observés dans les pays de l’inter land notamment : 10,7% au Niger, 10,4% au Burkina Faso et 8,9% au Mali. Le Togo a enregistré un taux de 8,8% et le Bénin (7,4%). La Côte d’Ivoire (5,5%) et le Sénégal (5,9%) sont les seuls pays ayant enregistré un taux inférieur à celui de l’Union.

Face à cette situation, l’économie sénégalaise a encore enregistré des pertes de compétitivité de 1,3% en septembre 2008, comparativement au mois précédent. Cette dégradation est essentiellement imputable à un différentiel d’inflation défavorable de 1,4%, le franc Cfa étant en légère dépréciation de 0,1%, vis-à-vis de la monnaie de ses partenaires. Relativement au même mois de 2007, les pertes s’élèvent à 5,1% et sont dues à l’appréciation du FCFA de 3,5% combinée à un différentiel d’inflation défavorable de 1,7%.

En moyenne sur les neuf premiers mois de 2008, la compétitivité de l’économie s’est détériorée de 4,3% par rapport à la même période de 2007, en raison de l’appréciation de 3,7% de la monnaie nationale et du différentiel d’inflation défavorable de 0,6%.

S’agissant des échanges commerciaux avec l’extérieur, ils sont caractérisés, en septembre 2008, par une progression, à la fois des exportations et des importations respectivement de 43,9% et de 12,5%. Malgré cela, le déficit de la balance commerciale n’a connu qu’une légère amélioration, passant de 169,9 milliards à 168,3 milliards entre août et septembre 2008. La situation cumulée des neuf premiers mois de 2008 a affiché 698,0 milliards pour les exportations et 1946,5 milliards pour les importations, soit un déficit commercial de 1248,5 milliards contre 997,4 milliards à la même période de l’année passée.

Quant aux échanges avec les autres pays de l’UEMOA, un excédent commercial de 21,2 milliards est enregistré, en septembre 2008, contre 18,4 milliards au mois précédent. Ainsi, sur les neuf premiers mois de 2008, la balance commerciale, vis-à-vis des pays de l’UEMOA, est excédentaire de 150,7 milliards.

Au niveau des finances publiques, la gestion budgétaire à fin septembre 2008, s’est traduite par un important recouvrement des recettes, dans un contexte de suspension de certains droits et taxes sur les denrées alimentaires, et par une exécution rapprochée des dépenses.

Les recettes budgétaires cumulées à fin septembre 2008 sont estimées à 809,3 milliards, soit une augmentation de 20,9 milliards par rapport à fin septembre 2007. Toutefois, par rapport à l’objectif du programme, d’un montant de 904,9 milliards à fin septembre 2008, il ressort une moinsvalue 95,6 milliards. En tenant compte des droits et taxes suspendus, cette moins-value ressortirait à 54,8 milliards.

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