Note de conjoncture Mars 2009

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Au premier trimestre de 2009, la conjoncture internationale s’est révélée morose et les perspectives sont toujours incertaines. La crise économique mondiale actuelle, considérée comme la plus profonde des cinq dernières décennies et la plus synchronisée au sein des pays avancés, se traduirait par une forte contraction de la croissance globale en 2009, avec un taux négatif estimé à 1,3% contre une hausse de 3,2% en 2008. Les pays de l’OCDE, en profonde récession, verraient leur PIB reculer de 3,8%, contre une hausse de près de 1% un an auparavant, du fait essentiellement de la baisse d’activité des principales économies de la Zone.

Dans les pays en développement, le ralentissement de la croissance, en 2009, serait surtout entrainé par les contraintes de financement, la baisse des prix des matières premières et la faiblesse de la demande globale. La croissance y est prévue à près de 3% en 2009 contre près de 6% un an auparavant.

S’agissant des prix à la consommation, ils sont orientés à la baisse au cours du premier trimestre 2009, après avoir fortement progressé et atteint des niveaux très élevés en 2008. Aux États-Unis, les prix ont affiché une baisse de 0,4%, en glissement annuel. Dans la zone euro, la baisse des prix s’est poursuivie en mars 2009, et la variation, en glissement annuel, est estimée à 0,6%, le plus bas niveau historique, contre 1,2 % en février. Au Japon, l’inflation globale a atteint 0,2%, légèrement moi ns que le taux de 0,5 % enregistré en février.

Dans ce contexte de morosité économique et de tensions inflationnistes, les marchés monétaires et financiers ont connu d’importants développements, allant dans le sens d’endiguer les effets de la crise financière internationale qui continuent d’impacter négativement l’économie mondiale. En effet, les dirigeants des pays avancés, lors du sommet du G20 à Londres, ont discuté des moyens d’enrayer la crise financière, en insistant sur la nécessité de mieux coordonner les plans de relance.

Concernant le marché des produits de base, au premier trimestre de 2009, les cours mondiaux des matières premières, notamment énergétiques et agricoles, se sont globalement orientés en baisse, par rapport aux sommets atteints en 2008. Ce mouvement de repli des prix s’expliquerait, en grande partie, par l’augmentation de la production, alors que la demande, notamment celle émanant des économies émergentes, s’est effondrée consécutivement à la crise économique mondiale. En outre, la chute du prix du pétrole et l’évolution du taux de change euro/dollar ont conforté la détente du marché.

Au plan intérieur, l’Indice Général d’Activité (IGA), en mars 2009 est caractérisé par une reprise de 9,7% par rapport au mois précédent, et de 4,6% en glissement annuel, imputable aux performances observées dans l’ensemble des secteurs.

En moyenne sur le premier trimestre 2009, l’IGA est resté quasiment au même niveau que celui de l’année dernière à la même période, après un repli de 1,6% en février, soutenue par les activités du secteur tertiaire qui ont progressé de 1,3%. Quant au secteur secondaire, il est en recul de 1,9%. De même, les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche ont connu des baisses respectives de 2,7% et 11,6%.

Les résultats de l’enquête d’opinions auprès des chefs d’entreprises ont montré que les principales contraintes, en mars 2009, portent essentiellement sur l’environnement des affaires dans l’industrie, les services et les bâtiments et travaux publics. Quant aux activités commerciales, les contraintes sont plutôt liées à la demande. Les arriérés de paiement de la dette intérieure persistent encore, même si ce problème touche moins d’entreprises qu’auparavant.

Dans l’industrie, 42,9% des chefs d’entreprises pensent que l’environnement des affaires n’est pas favorable au développement de leurs activités. La contrefaçon, la fraude et la hausse des prix de certains intrants figurent également dans les complaintes des acteurs de ce sous secteur. S’agissant des bâtiments et travaux publics, l’environnement des affaires et le financement ont été évoqués comme principales contraintes par 33,3% des répondants. En effet, les chefs d’entreprises interrogés ont indexé l’allongement des procédures de passation de marchés comme principal facteur de retard dans l’exécution de leur budget, ainsi que les conditions difficiles d’accès au crédit.

Au niveau du tertiaire, les principales contraintes évoquées portent sur l’environnement des affaires pour 50% des répondants dans les services et l’insuffisance de la demande selon 83,3% des commerçants interrogés.

En prévision pour le mois d’avril 2009, les chefs d’entreprises pensent que l’environnement des affaires ne favorisera pas le développement de leurs activités. En effet, ils s’attendent à un environnement particulièrement difficile, marqué par la faiblesse des cours des matières premières et l’absence de débouchées. Une demande insuffisante de biens et services est attendue, consécutivement à la baisse du pouvoir d’achat des ménages et à la crise économique mondiale.

Les prix à la consommation ont enregistré, au mois de mars 2009, un repli de 0,1%, imputable à la baisse des prix des produits alimentaires, notamment les produits frais. Toutefois, en glissement annuel, les prix se sont accrus de 1,5%, après une hausse de 1,8%, en février 2009, tirés par les produits alimentaires (2%), les services de transport (2,3%) et de restauration (4,3%).

Les prix des produits locaux ont enregistré une baisse de 0,5% par rapport à février 2009, tandis que ceux des produits importés ont crû de 0,8%. Comparés à mars 2008, ils ont augmenté respectivement de 1,6% et de 1,2%. L’inflation sous jacente, mesurée par les prix hors produits frais et énergie, est restée stable, en variation mensuelle, et se situe à 0,1%, en glissement annuel.

En moyenne sur le premier trimestre 2009, l’inflation est ressortie à 1,9%, retrouvant ainsi sa tendance de long terme, après avoir atteint 6% en 2007 et 2008.

Dans l’UEMOA, les prix ont suivi la même tendance avec un repli de 0,1% en variation mensuelle, contre une hausse de 4,3%, en glissement annuel. Ainsi, le taux d’inflation moyen sur le premier trimestre 2009 est estimé à 5,4%, tiré par la plupart des pays, le Niger (10,3%), le Burkina Faso (8,3%), le Togo (7%), le Bénin (6,3%), la Guinée Bissau (6,7%), le Mali (5,6%) et la Côte d’Ivoire (5,5%). Seul le Sénégal (1,9%) a enregistré un taux inférieur au seuil communautaire.

S’agissant de la compétitivité prix, l’économie sénégalaise a enregistré, en mars 2009, des pertes de 6,6%, par rapport au mois précédent, imputables à une appréciation de 7% du franc CFA, vis-à-vis de la monnaie des pays partenaires, atténuée par un différentiel d’inflation favorable de 0,4%. Cette situation traduit l’absorption des 6,5% des gains mensuels de compétitivité relevés en février 2009. En glissement annuel, la compétitivité-prix est restée quasiment stable en mars 2009. Ainsi, au terme du premier trimestre 2009, il ressort des gains de compétitivité de 1,0%.

Les transactions de marchandises entre le Sénégal et le reste du monde sont marquées par des variations mensuelles de 5,1% pour les exportations et de 6,2% pour les importations en mars 2009. Ces deux agrégats se sont établis respectivement à 54,5 milliards et 153,4 milliards en mars 2009. En glissement annuel, les exportations ont augmenté de 14,0% tandis que les importations ont accusé un repli 8,6%.

Concernant le commerce intra-communautaire, le Sénégal a enregistré un excédent de 9,9 milliards en mars 2009 contre 14,5 milliards au mois précédent. En variation mensuelle, les exportations vers les pays de l’UEMOA se sont repliées de 22,7% tandis que les importations ont crû de 10,4%.

La gestion budgétaire, au cours du premier trimestre 2009, a été caractérisée par un bon niveau de recouvrement des recettes et une exécution rapprochée des dépenses. Les recettes budgétaires sont estimées à 290,9 milliards, soit une progression de 33,6 milliards, relativement à la même période en 2008. Les dépenses totales et prêts nets sont évalués à 315,1 milliards à fin mars 2009, en progression de 36,6 milliards comparés à la même période un an auparavant.

Ainsi, le solde global base ordonnancement1 dons compris est estimé en déficit de 14,2 milliards, au premier trimestre 2009, contre un excédent de 7,8 milliards à la même période en 2008. Quant au solde de base2, il est estimé en excédent de 10,8 milliards.

La situation monétaire estimée des institutions monétaires, à fin mars 2009 est caractérisée par une baisse de 69,6 milliards des avoirs extérieurs nets, qui s’établiraient à 676,8 milliards, et un renforcement de 76 milliards du crédit intérieur qui se situerait à 1564,6 milliards. En conséquence, la masse monétaire progresserait de 6,5 milliards pour s’inscrire à 2003,5 milliards à fin mars 2009.

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