Note de conjoncture Mars 2008

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La croissance économique mondiale devrait fléchir de nouveau, en 2008, après avoir enregistré un net ralentissement en 2007. Le taux de croissance économique mondiale est attendu à 4,8%, après 5,2% en 2007. Ce fléchissement serait essentiellement dû au repli de l’activité économique dans les pays avancés, du fait du durcissement des conditions de financement des ménages et des entreprises et du renchérissement des prix des matières premières énergétiques et alimentaires.

Toutefois, il faut noter que l’ampleur de ce ralentissement n’est pas uniforme et que les divergences se sont accentuées entre les grandes zones économiques.Au cours du mois de mars 2008, la progression des prix à la consommation a atteint des niveaux très élevés et s’est largement propagée au niveau mondial. Les tensions inflationnistes restent différenciées entre les régions du monde et sont alimentées par les effets combinés de la vigueur de la demande et la hausse des cours des matières premières, notamment le pétrole, les métaux et les produits alimentaires.

A fin mars 2008, les tensions sur les transactions interbancaires se sont relativement apaisées, grâce à l’assouplissement des politiques monétaires aux Etats-Unis et au Royaume Uni et aux multiples injections de liquidités des principales Banques Centrales des économies avancées. Toutefois, les conditions de financement des ménages et des entreprises restent relativement plus serrées qu’en 2007.

Les tensions sur les marchés des matières premières ont principalement porté sur le pétrole, le blé, le maïs et le soja. L’effet d’entraînement sur les autres produits a conduit à une quasi-généralisation de la hausse des cours de l’ensemble des produits de base.

L’activité économique intérieure est caractérisée par un regain d’activité du secteur secondaire, un bon comportement du secteur tertiaire, contrairement au secteur primaire dont la situation est relativement préoccupante.

Au niveau du secteur agricole, la campagne de commercialisation de 2007/2008 a enregistré des résultats relativement faibles dans la collecte de graines d’arachide et dans l’achat de coton graine. Concernant l’élevage, la production contrôlée de viande, au mois de mars 2008, est estimée à 1 931 tonnes contre 1 686 tonnes au mois précédent, soit une hausse de 14,5% et de 5,8% par rapport à mars 2007.

Le premier trimestre de 2008, comparé à celui de 2007, a également enregistré une hausse de 15,5%. Les importations de viande sont passées de 830 tonnes (dont 170 tonnes de buffle) à 844 tonnes (dont 398 tonnes de buffle) entre les mois de février et mars 2008, soit une augmentation de 1,7%. Cependant, en glissement annuel, ces importations de viande au mois de mars 2008 et celles du premier trimestre ont respectivement baissé de 36,5% et de 24,4%. Cette situation de hausse mensuelle observée, tant au niveau de l’abattage contrôlé qu’au niveau des importations de viande, serait due au maintien des acquis obtenus dans le cadre de la lutte contre les abattages clandestins, mais aussi aux fêtes religieuses qui ont eu lieu durant le mois de mars.

Au niveau du sous secteur de la pêche, les débarquements, au mois de mars 2008, sont estimés à 36 704 tonnes contre 42 381 tonnes, au mois précédent, soit une baisse de 13,4%. Cette situation serait imputable à la rareté de la ressource et à la cherté des intrants, notamment le carburant. Toutefois, en glissement annuel, une hausse de 3,5% est notée. Les débarquements du premier trimestre de 2008 sont également en hausse de 7,3% par rapport à ceux de la même période de 2007.

S’agissant du secteur secondaire, le chiffre d’affaires a enregistré une légère variation de 0,4% par rapport au mois précédent. Le regain d’activités observé dans le sous secteur des bâtiments et de travaux publics, marqué par une hausse de 9,5% a compensé la baisse relevée dans le sous secteur de l’industrie. En glissement annuel, le chiffre d’affaires du secteur secondaire a augmenté de 9,7% et 15,4%, respectivement par rapport au mois de mars 2007 et en moyenne sur les trois premiers mois de 2007. La bonne tenue des activités du secteur a été favorisée par les résultats appréciables relevés au niveau de l’industrie et des bâtiments et de travaux publics.

Les activités du secteur tertiaire se sont plus ou moins bien comportées au mois de mars 2008. Le chiffre d’affaires des services a connu une hausse de 22,6%, grâce aux performances notées au niveau des postes et télécommunications, des transports, des banques et assurances et des hôtels bars restaurants. Quant au commerce, il a légèrement évolué de 0,2%, malgré la baisse des ventes de carburant. En glissement annuel, les services ont évolué de 27,7% et le commerce de 18,6%. Le chiffre d’affaires moyen du premier trimestre de 2008 par rapport à celui de 2007 a enregistré des hausses de 12% et de 7,6% respectivement pour les services et le commerce.

Le niveau général des prix en mars 2008 a accusé une hausse mensuelle de 0,2%, imputable aux prix des services de restauration et d’hôtellerie (1,6%), du logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles ( 0,5%), des produits alimentaires, boissons non alcoolisées (0,2%). En glissement annuel, les prix ont progressé de 4,3% par rapport à mars 2007 et de 5,3% en moyenne sur le premier trimestre 2008. Cette hausse reste toujours tirée principalement par les prix des produits alimentaires (7,1%), des transports (7,6%) ainsi que des services de l’enseignement (7,9%) et de la restauration (10,6%).

Les produits locaux ont contribué pour 69% à l’inflation contre 31% pour ceux importés. Quant à l’inflation sous jacente, mesurée par les prix hors produits frais et énergie, elle s’est inscrite en hausse de 0,2%, en rythme mensuel, et de 5,5%, en glissement annuel. L’inflation dans l’UEMOA a atteint 3,4% en mars 2008. La plupart des pays ont dépassé le seuil de 3% : la Guinée Bissau (7,4%), le Niger (7,1%), le Burkina Faso (7,0%), le Mali (5,0%), le Togo (4,4%), le Sénégal (4,3%) et le Bénin (3,1%). Seule la Côte d’Ivoire a enregistré un taux inférieur, avec (2,7%).

Les échanges commerciaux, au mois de mars 2008, sont caractérisés par une hausse de 21,6% des exportations, en variation mensuelle, contre un repli de 2,0% des importations. Ainsi, le déficit de la balance s’est atténué de 14,7 milliards, en passant de 119,1 milliards à 104,4 milliards entre les mois de février et mars 2008. Quant aux échanges commerciaux vis-à-vis des pays de l’UEMOA, un excédent de 14,4 milliards est enregistré en mars 2008 contre 12,0 milliards au mois précédent.

En cumul sur le premier trimestre de 2008, les exportations et les importations ont respectivement augmenté de 20,5% et 14,1%, en glissement annuel. Le déficit de la balance commerciale qui en découle est de 349,5 milliards, soit une hausse de 10,7% par rapport à la même période en 2007. Par contre, un excédent de 41,7 milliards s’est dégagé des échanges intra-communautaires au premier trimestre de 2008.

Les recouvrements de recettes budgétaires constatés à la fin du mois de mars 2008 se chiffrent à 260,7 milliards contre 254,2 milliards à la même période de l’année précédente soit en glissement une hausse de 6,5 milliards. Par rapport aux objectifs cumulés, au titre du premier trimestre, 2008 d’un montant de 272,5 milliards, il ressort une moins value provisoire de 11,8 milliards.

Cependant, en incluant les remboursements prévus des suspensions de droits de douane et de TVA, estimés à 9,4 milliards pour le premier trimestre 2008, il est attendu une moins value moindre de 2,4 milliards. Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à fin mars 2008 à 391,4 milliards, soit une hausse de 72,1 milliards par rapport à l’objectif de 319,3 milliards retenu pour le premier trimestre 2008. Ainsi, le solde global base ordonnancement hors dons est évalué à fin mars 2008 en déficit de 127,1 milliards.

La situation estimée des institutions monétaires, à fin mars 2008 est marquée par une consolidation de 9,6 milliards des avoirs extérieurs nets qui sont estimés à 717,7 milliards et une hausse de 9,8 milliards du crédit intérieur qui se positionnerait à 1350,3 milliards. En conséquence, la masse monétaire se situerait à 1885,3 milliards à fin mars 2008, contre 1865,9 milliards un mois auparavant, soit une expansion de 19,4 milliards.

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