Note de conjoncture Mai 2008

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La croissance économique mondiale est à nouveau révisée en baisse à 3,7% en mai 2008, après avoir été revue à 4,1% en janvier 2008 contre une prévision initiale de 4,8% en octobre 2007. Si ce taux se confirme, l’économie mondiale risque de connaitre le plus faible taux enregistré depuis 2002 où elle n’avait été que de 3,1%. Cette nouvelle révision intègre les effets de la crise de l’immobilier aux Etats-Unis, de la contraction du crédit au niveau des banques et de la conjoncture internationale marquée par le renchérissement des matières premières, notamment énergétique et alimentaires.

L’inflation au niveau mondial est principalement marquée par les vives tensions provoquées par la hausse des prix à la consommation qui s’est généralisée dans toutes les régions du monde et qui a pour principale origine la flambée des cours mondiaux des matières premières, notamment les produits énergétiques et alimentaires.

Sur les marchés monétaires et financiers, la situation est toujours tendue et porte encore les empreintes des turbulences de la crise financière, malgré les injections de liquidité par les banques centrales et la série de baisses des taux d’intérêt américains. Aux Etats-Unis, face aux risques de récession de l’économie et de persistance des tensions inflationnistes, la Réserve Fédérale a décidé de freiner la baisse des taux qui ont chuté de 5,2% à 2% en moins d’un an. Par contre, en zone euro, la Banque Centrale Européenne, préoccupée par la montée des prix à la consommation, a envisagé la baisse des taux, stabilisés jusque là à 4%.

Sur le marché des matières premières, la conjoncture internationale se caractérise par la poursuite de la hausse des prix des différents produits de base, notamment énergétiques et alimentaires. Cette fermeté des marchés constitue aujourd’hui un défi pour la croissance économique mondiale, en net ralentissement.

Au plan intérieur, le secteur primaire est marqué par la préparation de la campagne agricole 2008/2009. Un programme de distribution de semences pour les cultures vivrières a été élaboré. Le niveau de distribution varie de 14% pour le riz à 83% pour le mil.

Dans le sous secteur de l’élevage, la production contrôlée de viande au mois de mai 2008 est estimée à 1 852 tonnes contre 1 870 tonnes au mois précédent, soit une légère baisse de 1%. En glissement annuel, elle a reculé de 0,1%, tandis que la production cumulée sur les cinq premiers mois de 2008 est en hausse de 12,1% par rapport à celle de la même période de 2007. Quant aux importations de viande, elles sont estimées à 967 tonnes en mai 2008, soit une baisse de 36,7%, en variation mensuelle et de 3,8% en glissement annuel. Les importations cumulées sur les cinq premiers mois de 2008 ont également replié de 3,4% par rapport à 2007.

S’agissant de la pêche, les débarquements, au mois de mai 2008, sont estimés à 43 031 tonnes contre 41 003 tonnes au mois précédent, soit une hausse de 4,9%. En glissement annuel, et pour le cumul des cinq premiers mois de 2008 comparé à la même période en 2007, des hausses respectives de 6,7% et de 6,8% sont également notées.

Le chiffre d’affaires du secteur secondaire a augmenté de 3,1%, au mois de mai 2008 en variation mensuelle grâce à la bonne tenue des activités de bâtiments et de travaux publics. Les activités industrielles sont restées quasiment stables. En glissement annuel, l’effet cumulé de la hausse observée dans l’industrie (6,8%) et dans les bâtiments et des travaux publics (27,9%) a favorisé la croissance de 9,8% du chiffre d’affaires du secteur. En moyenne sur les cinq premiers mois de 2008, le chiffre d’affaires a augmenté de 13,6% par rapport à 2007, grâce à la bonne évolution des activités, observée dans pratiquement tous les sous secteurs. Toutefois l’effet inflationniste pourrait expliquer cette hausse du chiffre d’affaires.

Selon les chefs d’entreprises, les principales contraintes aux activités portent essentiellement sur la demande (35,3% dans l’industrie et 20% dans les bâtiments et les travaux publics) et les créances publiques (40% dans les BTP). Les difficultés annoncées en avril se sont confirmées pour certaines entreprises industrielles relativement à l’approvisionnement en matières premières et aux tensions de trésorerie occasionnées par les retards de paiement.

Les activités du secteur tertiaire se sont plus ou moins bien comportées durant le mois de mai 2008. Le chiffre d’affaires du commerce a évolué de 1% grâce à la hausse des ventes de carburants et de pièces détachées, tandis que celui des services a connu une baisse de 4,7% imputable aux sous secteurs des postes et télécommunications et des transports. En glissement annuel, les services ont évolué de 19,1% et le commerce de 9,5%.

La moyenne des cinq premiers mois de 2008 par rapport à celle de la même période en 2007, a enregistré des hausses de 14,9% et de 3,8%, respectivement pour les services et le commerce. L’enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprises a révélé que l’environnement des affaires constitue la principale contrainte au développement de l’activité du secteur tertiaire. Par ailleurs, le financement et les difficultés de recouvrement des créances échues surtout sur l’Etat constituent des entraves à la croissance des entreprises de services. Le manque de dynamisme de la demande exacerbé par les tensions inflationnistes a également affecté les activités commerciales.

Les prix à la consommation ont enregistré, en mai 2008, une baisse mensuelle de 0,1%, imputable principalement au repli des prix des produits alimentaires, boissons non alcoolisées de 0,7%. Toutefois, en glissement annuel, la hausse des prix se poursuit et est ressortie à 6,0%. Cette hausse est tirée par les prix des produits alimentaires qui ont cru de 10,9% et des transports de 7,2%. Les produits locaux ont contribué pour 74% à l’inflation contre 26% pour ceux importés.

Quant à l’inflation sous jacente mesurée par les prix hors produits frais et énergie, elle s’est établie à 4,9% en glissement annuel. En moyenne sur les cinq premiers mois de 2008, l’inflation a atteint 5,4% et reste toujours supérieure à la moyenne dans l’UEMOA qui est estimée à 4,8% entre janvier et mai 2008. Tous les pays ont dépassé le seuil de 3% : la Guinée Bissau (7,8%), le Niger (8,1%), le Burkina Faso (7,1%), le Mali (6,2%), le Togo (5,6%), le Bénin (4,6%) et la Côte d’ivoire (3,5%).

Après avoir enregistrée des pertes depuis le début de l’année, la compétitivité de l’économie s’est améliorée au mois de mai 2008. En effet, des gains de compétitivité estimés à 1% sont notés par rapport au mois d’avril, à la faveur d’un différentiel d’inflation favorable (1%) et d’une relative stabilité du franc Cfa. Néanmoins, relativement à mai 2007, des pertes de compétitivité de l’ordre de 5,7% sont enregistrées.

La moyenne des cinq premiers mois de 2008, par rapport à celle de 2007, fait ressortir également des pertes de compétitivité de 4,6%. Concernant des échanges commerciaux, ils sont caractérisés au mois de mai 2008, par des hausses en valeur de 2% et 10%, respectivement pour les exportations et les importations, comparativement au mois précédent. Aussi, le déficit de la balance commerciale s’est accentué, passant de 152,9 milliards en avril à 173,8 milliards en mai 2008. Le cumul sur les cinq premiers mois de 2008, comparé à celui de la même période de 2007 est en hausse de 16,9% pour les exportations et de 25,3% pour les importations.

Le déficit de la balance commerciale s’est ainsi établi à 676,2 milliards contre 520,1 milliards à la même période de l’année passée. Pour les échanges commerciaux intracommunautaires, un excédent commercial de 16,1 milliards est enregistré en mai 2008 contre 15,9 milliards au mois précédent. Globalement, sur les cinq premiers mois de 2008, le solde commercial vis-à-vis des pays de l’UEMOA est excédentaire de 73,7 milliards.

S’agissant des finances publiques, l’exécution budgétaire est caractérisée à fin mai 2008 par un bon niveau de recouvrement des recettes en dépit des suspensions de taxes. Les recettes budgétaires cumulées sont estimées à 469,8 milliards contre 434,6 milliards en 2007, soit une hausse de 35,2 milliards. Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à 541,4 milliards contre 551 milliards un an auparavant, soit une baisse de 9,6 milliards. Ainsi, le solde global, base ordonnancement dons compris1 est évalué à fin mai 2008 en déficit de 52,2 milliards contre un déficit de 73 milliards en 2007. Le déficit du solde de base2 est estimé à 26,7 milliards.

La situation estimée des institutions monétaires, à fin mai 2008, comparée à celle de la fin du mois précédent est marquée par un accroissement de 8,3 milliards des avoirs extérieurs nets, un renforcement de 4,8 milliards du crédit intérieur et une augmentation de 13,1 milliards de la masse monétaire.

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