Note de conjoncture Janvier 2008

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Le ralentissement de l’activité économique mondiale, amorcé en 2007, se poursuivrait davantage en 2008, mais les perspectives s’annoncent moins favorables, entravées principalement par la progression des prix du pétrole, la propagation des perturbations sur les marchés financiers et l’aggravation de la crise immobilière américaine. Le taux de croissance économique globale est prévu à 4,8% en 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006.

Dans ce contexte, les prévisions de tassement du volume des échanges commerciaux internationaux de biens et services reflètent des perspectives d’un moindre dynamisme de l’activité économique mondiale, essentiellement portée par la demande des pays avancés. En effet, en 2008, la croissance du volume du commerce mondial se stabiliserait à son niveau de 2007 à 6,7%, après 9,2% en 2006.

Au niveau des prix à la consommation, la vigueur de l’activité économique mondiale et la fermeté des marchés des matières premières de certains produits de base continuent de nourrir les craintes de tensions inflationnistes dans la plupart des pays. Toutefois, l’inflation reste globalement contenue à des niveaux relativement acceptables, en dépit des disparités observées entre les zones.

Au plan financier, à la suite de la crise du crédit sur le marché des prêts hypothécaires à haut risque aux Etats-Unis, le marché mondial des capitaux a connu de très fortes perturbations, malgré les différentes actions, basées sur l’ajustement des taux d’intérêts, entreprises par les Banques Centrales dans les principales économies avancées. Sur le marché des changes, l’appréciation de l’euro vis-à-vis des principales devises se poursuit avec acuité.

S’agissant des marchés internationaux de matières premières, ils sont caractérisés par une forte fluctuation des prix des produits énergétiques et alimentaires. Sur le marché des produits énergétiques, la tendance des cours mondiaux est à la hausse, soutenue par les tensions politiques dans le Proche et le Moyen Orient, la rébellion au Nigéria et le rythme effréné de reconstitution des stocks de pétrole en Chine et aux Etats-Unis. En ce qui concerne les produits alimentaires, le raffermissement des marchés tient, à la fois, à la réallocation de certaines superficies à des cultures plus rentables, utilisées dans la fabrication de biocarburant, à la diminution de l’offre mondiale et à la hausse progressive de la demande globale.

Au plan interne, le secteur primaire est marqué par la faiblesse des résultats définitifs de la campagne agricole 2007/2008 qui font état davantage de baisses de la production de la plupart des spéculations. La production céréalière a baissé de 24% contre 28% pour l’arachide et 13% pour le coton. Ceci s’est traduit par un faible niveau de commercialisation. Par rapport aux objectifs de collecte, le taux de réalisation, à la date du 17 février 2008, est estimé à 14% pour l’arachide contre 46% pour le coton.

La campagne de commercialisation se poursuit avec un rythme particulièrement lent. Concernant l’élevage, la production de viande contrôlée, au mois de janvier 2008 est estimée à 1669 tonnes, soit une hausse de 14,3% en variation mensuelle et de 36,4% en glissement annuel. Au niveau du sous secteur de la pêche, les débarquements, avec 37 458 tonnes, ont accusé une baisse de 11,3% par rapport au mois précédent, contre une hausse de 12,8% comparée à janvier 2007.

Le secteur secondaire a enregistré, en janvier 2008, une baisse de 6,5% du chiffre d’affaires par rapport au mois de décembre 2007. Ce résultat est la conséquence des baisses relevées au niveau des sous secteurs de l’industrie et des bâtiments et des travaux. Par contre, comparé à janvier 2007, le secteur a enregistré une croissance de 21,3%, grâce à la bonne tenue des activités dans l’industrie et dans les bâtiments et travaux publics.

Les activités du secteur tertiaire ont connu des contre performances entre le mois de décembre 2007 et le mois de janvier 2008. Les chiffres d’affaires des services et du commerce ont baissé respectivement de 6,0% et de 11,4%. Cette situation est imputable aux baisses relevées au niveau des postes et télécommunications, du commerce de gros et du commerce de carburant. Cependant, en glissement annuel, le chiffre d’affaires des services a enregistré une hausse de 7,9%, tandis que celui du commerce a fléchi de 7,4%.

Au mois de janvier 2008, l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) a enregistré une légère hausse en variation mensuelle de 0,1%. Les prix des produits locaux ont augmenté de 0,2% par rapport à décembre 2007, contre une baisse de 0,1% des produits importés. En glissement annuel, la hausse est de 6,1%. Les produits locaux ont contribué pour 69% contre 31% pour ceux importés.

Quant à l’inflation sous jacente, mesurée par les prix hors produits frais et énergie, elle se situe à 0,2%, en rythme mensuel et à 6,5%, en glissement annuel. A l’instar du Sénégal, l’inflation en glissement annuel est supérieure à 3% dans la plupart des pays sahéliens, le Mali (4,0%), le Niger (5,9%) , le Burkina Faso (4,1%) et la Guinée Bissau (6,7%). Par contre, elle est inférieure à 3% au Bénin (1,3%), au Togo (2,2%) et en Côte d’Ivoire (2,1%). Globalement, l’inflation en glissement annuel est estimée en moyenne à 2,6% dans l’UEMOA.

La légère hausse de 0,1% des prix intérieurs à la consommation observée au mois de janvier 2008 a entraîné des gains de compétitivité de 0,6% par rapport au mois précédent, imputable à un différentiel d’inflation favorable de 0,7% vis-à-vis des pays partenaires. Toutefois l’économie a enregistré des pertes de compétitivité estimées à 2,3% en glissement annuel.

Par rapport aux pays partenaires africains non membres de l’UEMOA, le Sénégal a enregistré des gains de compétitivité de 6,3% entre les mois de décembre 2007 et de janvier 2008, en raison d’un différentiel d’inflation favorable de 5% combiné à une dépréciation du Franc CFA de 1,3% vis-à-vis des monnaies de ces pays. Aussi, comparativement au mois de janvier 2007, des gains de compétitivité estimés à 5,1% ont été notés.

Relativement à la zone euro, l’économie a enregistré des pertes de compétitivité estimées à 0,5% en janvier 2008 comparé au mois précédent, en raison d’un différentiel d’inflation défavorable de l’ordre de 0,5%. En glissement annuel, il a été noté des pertes de compétitivité qui s’élèvent à 2,7%.

Enfin, par rapport aux pays partenaires industrialisés non membres de la zone euro, des pertes de compétitivité de 0,6% sont notées en janvier 2008. Celles-ci sont dues à l’appréciation du Franc CFA de 0,9% par rapport à la monnaie de ces pays partenaires. En glissement annuel, les pertes de compétitivité sont estimées à 5,3%.

Les échanges commerciaux, au mois de janvier 2008, sont caractérisés par une hausse de 55,6% des exportations de biens par rapport à décembre 2007 et un repli de 6,2% des importations. Ainsi, le déficit de la balance commerciale s’est amélioré de 42,9 milliards, passant de 168,8 milliards à 125,9 milliards. Par rapport aux autres pays de l’UEMOA, un excédent de 15,3 milliards est enregistré en janvier 2008 contre 17,0 milliards en décembre 2007.

La gestion budgétaire, au début de l’année 2008, est marquée par la bonne tenue du recouvrement des recettes budgétaires qui ont progressé de 9,1 milliards par rapport à la même période en 2007, s’établissant à 79,6 milliards. Cette évolution s’explique par la hausse 8,7 milliards des impôts indirects notamment les taxes sur biens et services et les droits de douane.

Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés, en janvier 2008, à 89,7 milliards contre 84,5 milliards à la même période en 2007. Ils sont caractérisés par une progression des charges courantes de 35,9 milliards et une atténuation des charges sur la dette. Ainsi, le solde global base ordonnancement, dons compris, est évalué en janvier 2008 en déficit de 10 milliards contre un déficit de 14 milliards sur la même période en 2007.

La situation estimée des institutions monétaires est marquée, à fin janvier 2008, par une amélioration de 7,6 milliards des avoirs extérieurs nets et une consolidation de 17,7 milliards du crédit intérieur. Quant à la masse monétaire, elle a connu une expansion de 23,5 milliards par rapport à fin décembre 2007. La hausse de 1,4% du crédit intérieur, à fin janvier 2008, serait imputable aux créances nettes du système bancaire à l’Etat et aux crédits accordés au secteur privé.

Ces derniers sont évalués à 1231,8 milliards dont 849,9 milliards de crédits à court terme contre 344,9 milliards à moyen terme et 37 milliards à long terme. Les activités dans le secteur des hôtels-bars-restaurants seraient les plus financées par le secteur bancaire avec 325,4 milliards dont 253,1 milliards de crédits à court terme, 69,3 milliards de crédits à moyen terme et 3 milliards de crédits à long terme.

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