Note de conjoncture Février 2008

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Les indicateurs disponibles en ce début de l’année 2008 annoncent un ralentissement de l’activité économique mondiale plus prononcé qu’en 2007, avec un taux de croissance attendu à 4,8%, soit un repli de 0,4 point. La détérioration des perspectives de l’économie globale reste essentiellement liée aux difficultés économiques américaines et leurs conséquences sur le reste du monde, notamment sur les autres pays industrialisés partenaires.

Les tensions inflationnistes qui perdurent depuis 2006 sont alimentées par la vigueur de l’activité économique mondiale et la hausse des cours des matières premières, notamment le pétrole, les métaux et les produits alimentaires. Toutefois, l’ampleur des tensions reste différenciée entre les régions du monde.

Les marchés financiers mondiaux restent marqués par de fortes turbulences, à la suite de la crise sur le marché des prêts hypothécaires à haut risque, partie des Etats-Unis depuis le mois d’août 2007. Considérée comme le principal facteur du ralentissement de l’activité économique, l’intensité de la crise financière alimente de plus en plus les rumeurs sur les risques d’une récession américaine. Face à cette situation, la Réserve Fédérale américaine, compte tenu de la faiblesse de la conjoncture, a procédé à une série de baisses de ses taux d’intérêt qui sont passés, en un temps record, de 5,25% à 3% et pourrait à court terme atteindre 2%.

La situation économique intérieure est caractérisée au niveau du secteur primaire par une faible production agricole. La récolte des produits céréaliers de la campagne agricole 2007/2008 est globalement estimée à 772 239 tonnes, soit le plus faible niveau de production après les campagnes 1984/1985 et 1998/1999, avec des niveaux respectifs de 705 804 tonnes et de 716 761 tonnes. Ainsi le bilan céréalier prévisionnel pour la période de novembre 2007 à octobre 2008 fait état d’un déficit de 248 432 tonnes.

Concernant l’élevage, la production contrôlée de viande au mois de février 2008 est estimée à 1 686 tonnes, soit une légère hausse de 1%. En glissement annuel, une augmentation de 10,4% est notée. La production cumulée sur le premier bimestre de 2008 comparativement à 2007 a également enregistré une hausse de 22%.

Les importations de viande entre les mois de janvier et février 2008, sont passées de 468 tonnes (dont 225 tonnes de buffle) à 830 tonnes (dont 170 tonnes de buffle), soit une hausse de 77,5%. En glissement annuel, un accroissement de 29% est noté, contre une baisse de 13,7% pour le cumul du premier semestre de 2 008 par rapport à celui de 2007.

Au niveau du sous secteur de la pêche, les débarquements sont estimés à 36 641 tonnes au mois de février 2008 contre 36 071 tonnes au mois précédent, soit une légère hausse de 1,6%. En glissement annuel, il est observé une augmentation de 4,1% par rapport à février 2007 et de 6,3% sur le premier bimestre.

S’agissant du secteur secondaire, le chiffre d’affaires mensuel a connu en février 2008, une baisse de 4%, imputable pour l’essentiel aux activités de BTP qui ont chuté de 16%, l’activité industrielle ayant légèrement baissé (-1,0%). En gisement annuel, le secteur a réalisé une bonne performance d’ensemble (16%) relativement au mois de février 2007 et de 18% en moyenne sur les deux mois premier mois, grâce au dynamisme de l’activité industrielle.

Les activités du secteur tertiaire se sont comportées de manière contrastée au mois de février 2008 comparé au mois précédent. Le chiffre d’affaires des services a accusé une baisse de 7,6%, due aux sous secteurs des postes et télécommunications, des transports et des banques et assurances.

En revanche que celui du commerce a enregistré une hausse de 24,8%, imputable au commerce de véhicules et au commerce de carburant qui ont compensé la baisse notée au niveau du commerce de gros. En glissement annuel, les services ont connu une légère hausse de 1% et le commerce s’est accru de 11,8%. Pour la moyenne du premier bimestre de 2008 par rapport à 2007, les services ont évolué de 4,5% et le commerce de 2,3%.

Au mois de février 2008, les prix ont enregistré une hausse en variation mensuelle de 0,5%, imputable essentiellement au renchérissement des produits d’entretien courant du foyer de 1,9%, des produits alimentaires de 0,9% et des transports de 0,8%. En glissement annuel, la hausse des prix a atteint 5,5% par rapport à février 2007 et 5,8% en moyenne sur les deux premiers mois de 2008. Elle est toujours tirée par les prix des produits alimentaires (10%), des transports (7,7%), des services d’entretien du foyer (4,5%), de l’enseignement (7,9%) et de la restauration (8,8%).

Les prix des produits locaux et importés ont augmenté respectivement de 5% et de 7,1%. Les produits locaux ont contribué pour 69% contre 31% pour ceux importés. Quant à l’inflation sous jacente, elle se situe à 0,2% en rythme mensuel et à 6,0% en glissement annuel. A l’instar du Sénégal, l’inflation en glissement annuel est supérieure à 3% dans la plupart des pays de l’UEMOA : le Mali (4,9%), le Niger (6,8%), le Burkina Faso (7,0%), le Togo (3,4%) et la Guinée Bissau (6,7%). Elle est inférieure à 3% seulement au Bénin (1,9%) et en Côte d’Ivoire (2,3%). Globalement l’inflation dans l’UEMOA a atteint le seuil de 3% en février 2008.

Malgré le différentiel d’inflation favorable, l’économie sénégalaise a enregistré de légères pertes de compétitivité de 0,03%, imputable à l’appréciation du franc CFA vis-àvis de la monnaie des pays partenaires. En glissement annuel, les pertes de compétitivité sont estimées à 3% par rapport à février 2007 et de 3,2% en moyenne sur les deux premiers mois.

Par rapport aux pays partenaires africains non membres de l’UEMOA, le Sénégal a enregistré de légères pertes de compétitivité de 0,1% entre janvier et février 2008, en raison d’un différentiel d’inflation défavorable de 0,17%. Par ailleurs, des pertes de compétitivité de l’ordre de 3,4% ont été notées, comparativement au mois de février 2007.

Relativement à la zone euro, l’économie a enregistré des pertes de compétitivité estimées à 0,1% en février 2008 par rapport au mois précédent, en raison d’un différentiel d’inflation défavorable de 0,1%. En glissement annuel, l’économie a connu des pertes de compétitivité estimées à 2%.

Comparativement au mois précédent, les échanges commerciaux entre le Sénégal et le reste du monde sont caractérisés au mois de février 2008 par des baisses respectives de 36,1% pour les exportations et de 17,5% pour les importations. Ainsi, le déficit de la balance commerciale est passé de 125,9 milliards à 119,1 milliards.

S’agissant des échanges commerciaux avec les autres pays de l’UEMOA, un excédent de 12,0 milliards est enregistré en février 2008 contre 15,3 milliards le mois précédent. En cumul sur les deux premiers mois de l’année, les exportations et les importations ont augmenté respectivement de 22,1% et 24,7% en glissement annuel. En conséquence, le déficit commercial s’est établi à 245,1 milliards contre 194,2 milliards l’année passée.

Les recouvrements de recettes budgétaires, au mois de février 2008, sont marqués par un léger ralentissement par rapport au mois de janvier 2008. Ainsi, sur un objectif de 108,3 milliards fixé pour le mois de février, un montant de 105,4 milliards a été recouvré soit une moins value provisoire de 2,9 milliards.

Cependant, en cumul, les recettes à fin février dégagent une plus value provisoire de 2,6 milliards et en glissement, par rapport à 2007, une amélioration du recouvrement de 14,2 milliards. Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à fin février 2008 à 225 milliards soit un niveau proche de celui de la même période de l’année précédente. Ainsi, le solde global base ordonnancement dons compris est évalué à fin février 2008 en déficit de 39,8 milliards.

La situation estimée des institutions monétaires est marquée, à fin février 2008, par une amélioration de 20,5 milliards des avoirs extérieurs nets et un renforcement de 14 milliards du crédit intérieur. En conséquence, la masse monétaire a connu une expansion de 34,5 milliards par rapport à fin janvier 2008.

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