La crise financière internationale : quels effets sur l’économie sénégalaise (...)

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Résumé analytique

1. La crise financière actuelle serait la plus étendue depuis la Grande Dépression de 1929 et au vu des développements en cours, ses effets devraient inéluctablement se faire sentir dans tous les pays, avec une ampleur plus ou moins importante, selon leur degré d’intégration au système financier et aux échanges commerciaux internationaux.

2. Au Sénégal plus particulièrement, des agrégats tels que les transferts des migrants, les investissements directs étrangers et l’aide étrangère ont été régulièrement cités comme étant parmi les plus vulnérables dans le contexte de la crise actuelle. Par ailleurs, le fait que la plupart des pays industrialisés soient entrés en récession laisse penser que la croissance de l’économie sénégalaise devrait en ressentir les effets.

3. Dès lors, la mise en œuvre d’un modèle global mettant en évidence les interactions entre différents agrégats dans un cadre multi-pays a permis d’étudier la sensibilité de variables d’intérêt telles que la croissance, les investissements directs étrangers, l’aide internationale et les transferts de migrants à des chocs négatifs émanant de la Zone euro ou des Etats-Unis, principaux foyers de la crise actuelle. L’objectif est d’étudier la sensibilité de ces agrégats respectifs à des chocs macroéconomiques ou financiers émanant de ces pays, les résultats pouvant donner une indication du degré de vulnérabilité de l’économie sénégalaise dans le contexte de la crise actuelle. L’analyse est menée sur la période allant du premier trimestre 1999 au premier trimestre 2008.

4. Tout d’abord, les résultats de l’étude n’indiquent aucune surréaction des agrégats considérés à un choc négatif sur la croissance ou sur le taux d’intérêt de long terme. Les réactions obtenues sont même relativement faibles et témoignent d’une faible sensibilité de la croissance, de l’aide internationale et des investissements directs étrangers à de tels chocs étrangers. Les résultats obtenus pour les transferts sont également faibles, même si l’amplitude de la réaction est plus importante que pour les autres flux financiers (aide et IDE). Cependant, ce dernier résultat est à nuancer car lorsque l’on considère l’analyse des effets (directs) contemporains, elle conduit à une élasticité d’impact positive et significative de l’ordre de 0,30%. Autrement dit, une baisse de 1% de la croissance dans les principaux partenaires du Sénégal, devrait avoir pour effet un recul de 0.30% de la croissance des transferts vers le Sénégal. L’analyse dynamique semble indiquer, toutes autres choses étant égales, une plus grande sensibilité de la croissance et des transferts courants privés à l’évolution de la conjoncture internationale.

5. Par ailleurs, les résultats de l’analyse dynamique suggèrent que les agrégats de l’économie sénégalaise considérés dans le cadre de cette étude devraient assez rapidement retrouver leur trajectoire d’équilibre une fois que l’économie mondiale sera sortie de sa morosité actuelle. A ce propos, il convient d’insister sur le fait que l’ampleur réelle des effets décrits dans le cadre de l’étude sera naturellement subordonnée à la capacité des principaux foyers de la crise actuelle à remettre leurs économies en selle. Autrement dit, plus les économies développées tarderont à retrouver leurs grands équilibres, plus il est à craindre que les perturbations sur l’économie sénégalaise seront amplifiées et s’étaleront dans le temps. De ce point de vue, toutes autres choses étant égales, l’analyse dynamique semble indiquer une plus grande sensibilité de la croissance et des transferts courants privés à l’évolution de la conjoncture internationale. En effet, les réactions les plus importantes pour l’économie sénégalaise en termes d’amplitude sont obtenues pour les transferts (suite à un choc de croissance dans la Zone euro) et pour la croissance (suite à un choc de croissance aux Etats-Unis).

6. Dans ce contexte d’incertitude et à l’instar de la plupart des pays en développement, un des principaux défis que devra relever l’économie sénégalaise tient en sa capacité à dégager des ressources pouvant permettre d’atténuer les effets d’une éventuelle sévérité accrue de la récession mondiale. Autrement dit, des économies comme celle du Sénégal devront mettre l’accent sur l’efficacité des choix budgétaires afin de disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour soulager les secteurs qui pourraient en avoir besoin dans le contexte actuel.

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