Différentiel d’inflation dans une Union Monétaire : le cas de l’UMOA

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SYNTHESE DE L’ETUDE

1. Avec la création d’unions monétaires dans le monde (Zone euro, processus de dollarisation complète, etc.), la question des différentiels d’inflation dans les zones monétaires est apparue comme une préoccupation majeure, aussi bien pour les décideurs politiques que pour les académiciens. Au sein de l’UEMOA, la stabilité des prix est devenue une priorité communautaire parmi d’autres, au lendemain de la dévaluation du FCFA. Cependant, la hausse différenciée des prix observée dans l’Union monétaire, à la suite de la crise alimentaire de 2007, a suscité beaucoup d’interrogations au niveau des décideurs économiques.

2. Afin d’étudier la question du différentiel d’inflation dans l’UEMOA, l’étude fait appel, dans un premier temps, à une série de tests de l’hypothèse de convergence des taux d’inflation au sein de l’Union. Une analyse en composantes principales et une évaluation du taux d’inflation minimal de l’UEMOA sont également proposées, permettant de mettre en évidence certaines caractéristiques structurelles des économies de l’Union. Dans un second temps, un modèle d’équilibre général dynamique stochastique est mis en œuvre. Ce modèle, centré autour d’une union monétaire, comporte deux secteurs produisant respectivement un bien échangeable et un bien non-échangeable et intègre des rigidités nominales et réelles. Par ailleurs, le modèle se distingue par le fait qu’il prend en compte, de manière explicite, le reste du monde.

3. Tout d’abord, les résultats obtenus à la suite des tests de convergence suggèrent que, depuis le début des années 2000, le différentiel d’inflation s’est accru au sein de l’Union. L’analyse en composantes principales a, quant à elle, permis d’établir que cette absence de convergence des taux d’inflation pourrait émaner des différences dans les caractéristiques économiques structurelles des pays de l’Union. En effet, certains pays qui présentent des caractéristiques similaires par rapport à certains agrégats (par exemple, le Sénégal et le Mali en matière budgétaire) semblent emprunter des trajectoires similaires en matière d’inflation.

4. L’analyse sur le taux d’inflation minimal de l’UEMOA qui reflète mieux les caractéristiques structurelles des économies a permis d’observer que ce dernier se situerait entre 4 et 5%. Un niveau qui excède la norme communautaire de 3%, inscrite dans le cadre de la surveillance multilatérale et l’objectif d’inflation de 2%, fixé par la BCEAO en vue de promouvoir la stabilité des prix.

5. Ensuite, l’estimation du modèle d’équilibre général dynamique stochastique a permis de mettre en évidence le rôle prééminent des chocs asymétriques dans l’explication des fluctuations des différents agrégats macroéconomiques de l’UEMOA. Les chocs asymétriques expliquent notamment plus de 66% des fluctuations du différentiel d’inflation au sein de l’Union monétaire. Néanmoins, la contribution des chocs symétriques aux dites fluctuations n’est pas négligeable (environ 34%).

6. L’analyse des fluctuations de l’inflation révèle également que celle-ci est principalement un phénomène lié à des facteurs internes à l’UEMOA. En effet, les chocs internes expliquent respectivement environ 88% et 94% des fluctuations de l’inflation au Sénégal et dans le reste de l’Union monétaire.

7. Enfin, la prédominance observée des chocs asymétriques dans les fluctuations de l’inflation montre tout l’intérêt que présente la mise en place, au niveau communautaire, des mécanismes destinés à faire face à de tels chocs. A ce propos, la création d’un fonds communautaire de stabilisation est une des solutions pouvant permettre de parer à des tels chocs et ainsi, éviter de compromettre les réformes structurelles en œuvre au sein de l’Union.

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