Arriérés de paiement et dynamique de croissance au Sénégal

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SYNTHESE DE L’ETUDE

1. Au cours de ces dernières années, les arriérés de paiement sur les dépenses publiques se sont érigés comme une des questions majeures du débat autour de la soutenabilité des finances publiques au Sénégal. En effet, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur la manière dont les tensions récemment observées sur le budget de l’Etat ont pu affecter les activités des entreprises sénégalaises, dans un contexte déjà difficile, marqué notamment par la crise économique mondiale. 2. Pour étudier de façon plus rigoureuse les effets des arriérés sur la dynamique de l’économie sénégalaise, l’étude fait appel à un modèle d’équilibre général dynamique stochastique. Cette modélisation fait intervenir trois types d’agents économiques que sont les ménages, les entreprises et l’Etat. L’idée maitresse du modèle est que les arriérés de paiement impliquent un coût assimilable à une ponction sur le rendement des entreprises privées.

3. Les résultats du modèle révèlent que les arriérés de paiement ont un impact négatif et persistant sur les principales grandeurs macroéconomiques. Globalement, la présence d’arriérés de paiement induit un ralentissement de l’activité, un repli des rendements attendus et partant, des investissements, une augmentation du chômage, une baisse des recettes fiscales et un renforcement du déséquilibre public. 4. Concrètement, dans le court terme, un choc positif de 60% (comme cela a été le cas au cours des trois dernières années) sur les arriérés de paiement se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par une baisse contemporaine du stock de capital de 0.6%, un ralentissement de l’activité de 0.3% ainsi que d’une perte de recettes fiscales de 1.2%.

5. En revanche, les effets cumulés d’une hausse ponctuelle de 60% des arriérés produisent, au bout de 30 années, une chute de 36% du stock de capital, une diminution de 12% de la consommation privée et un ralentissement de l’activité de 12%, accompagné d’une perte de recettes fiscales de 24%. 6. Par ailleurs, la contribution des arriérés à l’incertitude reste significative. La raison en est que l’accumulation d’arriérés est susceptible d’accroître les craintes des agents économiques, quant à la capacité financière de l’Etat à honorer ses engagements futurs, ce qui peut être la source d’une incertitude accrue.

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